J’aime les vins italiens

En France, nous sommes tellement centrés sur nos vignobles que nous avons souvent tendance à écarter les vins étrangers. Au point d’oublier que nous ne sommes pas le premier producteur de vins du monde. Cet honneur revient en fait à l’Italie, et n’est pas récent puisque les Grecs l’avait baptisée Œnotria : la terre du vin. Répartie sur 800000 ha environ, la vigne y est présente dans toutes les régions et offre une large palette de vins. De retour d’un cours d’oenologie où j’ai redécouvert certains de ses meilleurs vins, j’ai eu envie de vous présenter mes coups de coeur italiens. Les deux régions les plus riches en vins de qualité sont le Piémont (barolo, barbaresco, asti spumante) et la Toscane (chianti classico, vino nobile di montepulciano et brunello di montalcino). La renommée de ces vins de garde ne doit cependant pas occulter les bouteilles à boire jeunes : le valpolicella, par exemple (un rouge léger et fruité), ou les blancs parfumés du Frioul. Deux vins m’ont particulièrement marqué lors de cette dégustation : l’aglianico del vulture et le barbera d’alba. Le premier, subtil et de garde, est produit dans la région de Basilicate et c’est l’un des meilleurs rouges du sud de la péninsule. Le second est cependant de loin mon coup de coeur du moment. Le barbera d’alba est un vin rouge né au sud du Piémont, riche et dense. Il se marie bien avec les cannellonis et les lasagnes, avec les fromages de type raschera mais aussi avec des viandes rouges. Il peut être conservé 4 ou 5 ans et doit être servi chambré. Le barbera d’asti est du même type. Le dolcetto d’alba (cépage dolcetto), autre rouge piémontais, est issu d’un vignoble assez vaste au terroir de qualité. Coloré, aromatique (fruité) et souple, il est à boire jeune et accompagne très bien des viandes blanches, des volailles mais également des viandes rouges grillées ou des fromages pas trop relevés comme le murazzano. Voilà pour ma liste du moment. Il y a évidemment beaucoup d’autres vins italiens qui méritent d’être dégustés, et cette liste est loin d’être exhaustive. Mais même si vous ne devez retenir aucun nom de cet article, retenez au moins ceci. Les vins italiens n’ont rien à envier aux vins français. Et si vous en voulez la preuve, il vous suffit d’y goûter ! Pour en savoir plus, je vous recommande l’excellent site Cours d’œnologie.

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L’écologie absente du socialisme

Quand le vent aura fini de disperser les particules fines, que va-t-il rester de nouvel épisode de pollution qui vient encore une fois placer la question de la qualité de l’air au cœur de l’actualité ? Que retiendra-t-on d’autre que la polémique entre une Ministre et une Maire sur la question des mesures d’urgence ? L’année 2013 a été l’année européenne de l’air dans une quasi-indifférence générale… L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pourtant classé la pollution de l’air extérieur dans la catégorie des cancérogènes certains de même que les particules issues du diesel. Un enjeu de santé environnementale dilué dans les questions de fiscalité et les problèmes industriels de notre marché automobile, effacé par un débat houleux sur l’écotaxe taxe… Près de 42 000 décès prématurés par an, finalement très vite oubliés. Les épisodes de pollution aux particules fines, que traverse régulièrement la France, interpellent les citoyens quant à l’impact de nos comportements, notamment en termes de déplacements. Mais si les mesures d’urgence sont indispensables pour répondre au phénomène ponctuel de pic de pollution, aussi lié aux conditions météorologiques, elles ne suffisent pas à lutter contre la pollution de fond. C’est une double peine pour des citoyens économiquement en difficulté, et un coût estimé pour la sécurité sociale de 17 milliards d’euros par an, selon le Conseil général de l’environnement et du développement durable. La qualité de l’air est une problématique prioritairement sociale et doit être traitée comme un enjeu majeur de santé publique. Les Français ont d’ailleurs classé pour la troisième année consécutive la question de la pollution de l’air comme premier sujet de préoccupation environnementale, c’est dire le levier potentiel de mobilisation que cette question représente ! Les solutions à envisager interrogent à la fois nos modes de production, les choix industriels faits dans le passé et notre capacité à les faire évoluer (le diesel, l’électro-mobilité). Comment rendre opérationnelles, financer et industrialiser les solutions innovantes ? Quels seraient les impacts d’une éventuelle fiscalité sur les ménages ? Doit-on être incitatif ? punitif ? Comment compenser le poids de cette fiscalité sur les plus modestes qui n’ont pas le choix de leur moyen de transport ou de chauffage ? À ces questions s’ajoute encore la nécessité d’équilibre de nos comptes publics qui nous contraint à trouver des recettes là où on génère une dépense, une équation complexe, mais une vision globale à imaginer. Si effectivement, comme l’indique Ségolène Royal, « empêcher l’utilisation de son véhicule est une privation de liberté individuelle », il faut rappeler que la Loi LAURE (Loi pour l’Air et l’Utilisation rationnelle de l’Énergie) de 1996 pose le principe fondamental du « Droit pour chacun de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé ». Pour agir il faut donc maintenant, en plus du ministère de l’écologie, un engagement des ministres de la santé, de l’économie, des finances, de l’agriculture, des transports… et bien entendu de la ministre de la réforme de l’Etat, de la décentralisation. Tous sont socialistes. Les élus socialistes, quand ils sont à la tête de collectivités territoriales, conduisent des actions exemplaires et les politiques menées témoignent de convictions et d’engagement sincères en faveur de l’environnement. Alors pourquoi cette question, qui nous renvoie à nos modes de vie, à notre projet de société, au futur de nos enfants, à la question sociale finalement, est-elle aussi absente de nos débats internes ? L’actualité est plus volatile que les particules… Après l’épisode de pollution, la qualité de l’air disparaîtra à nouveau des médias, on ne retiendra que les échanges entre deux socialistes. On ne peut pas donner raison à l’une plus qu’à l’autre : il faut du courage politique pour porter des mesures d’urgence, il faut aussi une vision pour engager des politiques nationales cohérentes. Mais une chose est certaine, hors de la scène médiatique le débat entre les socialistes sur ces questions est inexistant. Aujourd’hui l’actualité, c’est effectivement le Congrès et la pollution atmosphérique, tout comme la question environnementale en général, ne reste qu’à la marge des motions d’orientation du Parti Socialiste.

En finir avec le FN

Jean-Marie et Marine Le Pen, lors d’un congrès des jeunesses du FN, le 7 septembre 2014 à Fréjus. Alors que la rupture est consommée entre Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine, quels sont les clivages idéologiques qui traversent aujourd’hui le FN? S’agit-il d’une divergence stratégique ou politique?
– Le parti frontiste est handicapé par sa ligne économique, par Nicolas Lebourg, spécialiste des extrêmes droites à l’université de Perpignan et membre de l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès. Alors que le courant droitier domine la base du parti et que la sortie de l’euro effraye la droite classique, Marine Le Pen fait le pari risqué de « tuer le père ».
– Entre le père et la fille, des désaccords plus tactiques que politiques, par Cécile Alduy, professeure à l’université Stanford (Californie). Les cris d’orfraie des cadres frontistes sont hypocrites, car les propos du patriarche sont connus et constants. Alors qu’une scission est possible, c’est aujourd’hui Marion Maréchal-Le Pen qui représente le mieux ce qu’est le « nouveau » FN.

Conférence de Stockholm sur le bonheur

Je dois être honnête. Lorsque je me rends en séminaire d’entreprise, c’est davantage pour profiter d’une escapade loin du quotidien que pour suivre les réunions. Une fois n’est pas coutume, cependant, lors d’un récent séminaire à Stockholm (la semaine dernière), je me suis laissé prendre par le sujet et la manière dont il était traité : l’optimisme en entreprise. Si je n’étais pas toujours d’accord avec certaines des idées développées, d’autres ont retenu mon attention et me reviennent souvent à l’esprit lorsque je regarde le journal télévisé. Pour faire simple, ces idées suggèrent que notre monde ne va pas si mal que ça. Et dans une société où domine le pessimisme (à mon avis), l’idée est plutôt surprenante. Aujourd’hui, beaucoup pensent que les 7 milliards d’individus qui composent notre monde, et qui veulent tous bénéficier d’un mode de vie occidental, vont nous conduire vers un cataclysme écologique. Et les économistes d’ajouter de l’eau au moulin, en soulignant que les ressources terrestres ne peuvent supporter la croissance économique et démographique. Pourtant, qu’en est-il, réellement ? Ces déclarations alarmistes ne sont pas nouvelles. Au XIXe siècle, Thomas Malthus annonçait déjà une catastrophe qui n’est jamais venue. Et les malthusiens qui ont suivi ont égaelement sans cesse été contredits par la réalité. Ces défaitistes oublient l’ingéniosité des hommes et leur remarquable capacité d’innovation. Le problème de la croissance démographique et des besoins humains est apparent, indubitable, et apparemment insoluble. Il donne lieu à des images choquantes. Des enfants africains affamés, des adolescents américains suralimentés, une nature saccagée par les industries et les besoins toujours plus pressants. Toutes ces images conduisent à nous faire craindre le pire : notre incapacité à faire face. Mais, dans le même temps, la pléthore de scientifiques qui façonnent les innovations de l’avenir sont beaucoup moins signalés. Et de fait, l’inquiétude prédomine sur l’optimisme, mais ce n’est au fond qu’un problème de temps : le problème est trop visible car dans le présent, et la solution dans un avenir proche, moins certain. Les illuminés prophétisent notre fin pour demain. Mais force est de constater qu’ils le font depuis des millénaires. Certains diront que notre monde a empiré. Vraiment ? Durant ces deux derniers siècles, l’espérance de vie et le revenu moyen ont augmenté, pendant que la mortalité infantile et la misère ont descendu de manière spectaculaire. Aujourd’hui comme hier, l’habileté de l’être humain à s’adapter à son contexte semble être plus importante que les catastrophistes ne le présument. Ce séminaire à Stockholm a eu un effet boeuf sur mes collègues et moi. Avant d’y assister, je crois qu’aucun de nous n’avait conscience du pessimisme dans lequel nous baignions. Ce séminaire nous a en quelque sorte remis les idées en place. Pour plus d’infos sur le thème, retrouvez les prochaines conférences sur le site de l’organisateur de ce séminaire à Stockholm.

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Blanchiement

Le nombre de déclarations de soupçons transmises à Tracfin en 2014 a augmenté de 32?%. Ses effectifs seront renforcés d’ici à la fin de l’année. «?Le monde de 2015 n’a plus rien à voir avec celui de la fin des années 1990?», insiste Jean-Baptiste Carpentier, qui dirige la cellule de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme Tracfin depuis 2008. De fait, le mouvement de fond postcrise en faveur de la transparence des flux financiers au niveau international se mesure dans les chiffres de Tracfin. Créée voilà vingt-cinq ans, l’entité, rattachée à Bercy, dont la mission est de recueillir et de traiter des signalements de fraude, a connu une activité particulièrement soutenue depuis 2008. «?Nous recevons trois fois plus d’informations qu’il y a sept ans, poursuit Jean-Baptiste Carpentier. Pourtant, ce n’est pas la fraude qui a triplé?! Le seuil de vigilance s’est très clairement renforcé en France.?» En 2014, «?année historique?», Tracfin a ainsi reçu près de 10.000 déclarations de soupçons supplémentaires par rapport à l’année précédente (+?32?%), portant leur total à 38.419. Des déclarations qui continuent d’émaner en très grande majorité des banques et établissements financiers. Tracfin reçoit ainsi quotidiennement 200 déclarations de soupçons, qui sont toutes examinées, «?entre 24 heures et une semaine?», après transmission. Depuis 2013, la cellule est en outre automatiquement informée de toutes les opérations de transfert d’espèces de plus de 1.000 euros (ou 2.000 euros par mois). Dans le cadre de la lutte contre le financement du terrorisme, ce sont tous les versements ou retraits en espèces de plus de 10.000 euros par mois qui lui seront également signalés à partir de janvier 2016. A partir de septembre, les paiements en espèces de plus de 1.000 euros seront interdits. L’entité recueille, analyse, enrichit et exploite ainsi cette masse d’informations, puis les transmet à la justice et, depuis 2009, à l’administration fiscale et sociale. «?De 15 à 20?% des déclarations reçues débouchent sur des investigations vraiment justifiées?», détaille Jean-Baptiste Carpentier. L’an passé, Tracfin a ainsi transmis près de 1.400 notes à la justice et à l’administration. Il s’agit en général de dossiers supérieurs à 100.000 euros. Sur les 464 dossiers transmis à la justice en 2014, 133 portaient sur des montants supérieurs à 1 million d’euros. «?Mais, en général, un dossier qui fait 100 chez nous fait 500 quand il aboutit?», résume Jean-Baptiste Carpentier. Quant aux 365 dossiers transmis au fisc, ils sont également très élevés, portant sur des montants totalisant 418 millions d’euros. Tracfin est l’une des rares entités de Bercy qui n’ont pas subi de réduction des effectifs ces dernières années. Au contraire, ils ont crû de 40?% en six ans. Et Manuel Valls a annoncé en début d’année qu’ils seraient portés d’un peu plus de 100 à 120 personnes d’ici à fin 2015.

Voyage au coeur de la précarité enseignante

Dans un communiqué, les personnels du collège Mallarmé situé dans le 13e arrondissement, ont annoncé qu’ils seront ce vendredi 17 avril » massivement en grève pour dénoncer le traitement réservé à notre collègue contractuel de l’Atelier Relais « . Depuis 5 ans, Joachim Carrasco, éducateur diplômé en science de l’éducation, » porte l’Atelier Relais du collège Mallarmé à bout de bras… » Ces Ateliers Relais sont avec les Classes Relais des « dispositifs » qui visent à lutter contre le décrochage scolaire en prenant en charge des « collégiens en risque de marginalisation scolaire ». Mais à un an de sa CDIsation, » alors qu’il n’avait eu que des rapports favorables jusqu’alors, on lui refuse le renouvellement de son contrat » déplore le personnel dans ce communiqué assurant que son cas n’est pas isolé. » Cette année, plusieurs collègues coordinateurs d’Atelier Relais et de Classe Relais du département ont été malmenés par leur hiérarchie alors qu’ils prennent en charge les élèves les plus difficiles « . Son cas n’est pas isolé non plus dans la sphère des contrats précaires de l’éducation nationale, rapelle ce texte transmis par Sud Education 13 : » Ils sont nombreux puisque l’Education Nationale est le Ministère qui en embauche le plus. Beaucoup de contractuels se voient refuser le renouvellement de leur contrat à un an de leur CDIsation. La politique de résorption de la précarité est affichée mais pas appliquée. Nous dénonçons cette gestion des personnels qui confine au mépris, génère des souffrances psychologiques indéniables, place les personnels dans une précarité matérielle peu propice à un encadrement serein de nos élèves les plus en difficulté « . La revendication est donc simple : la titularisation de Joachim Carrasco comme le stipule la loi Le Pors dans l’article 3 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983. » Le statut de fonctionnaire titulaire doit être la norme dans la Fonction Publique » conclut le communiqué.