Magnetic Island : L’île paradis du Queensland ?

Bienvenue. Rejoins le programme Voyager Plus !

Mes 10 solutions pour réaliser tes rêves de voyage + des ressources, des réductions et le Manifeste du Voyageur (mon livre gratuit) ! » Télécharge le tout en cliquant ici.

Lors de mon voyage en Australie en juin et juillet dernier, je me suis rendu sur cette île au large de Towsnville vers la Grande Barrière de Corail. Je suis tombé sous le charme.

Il faut dire que le nom est plutôt attirant non ? En tout cas, il interpelle.

Au début, je n’avais prévu que de passer 3 jours sur cette île. Au final, je suis resté plus longtemps que prévu.

Les raisons ne manquent pas :

Une vie sauvage très présente

Magnetic Island est une banlieue de Towsnville, une des principales agglomérations du Queensland. Pour autant, il n’y a que 2000 résidents permanents sur cette île.

Un ferry la relie à Townsville plusieurs fois par jour en 20 mn.

Peu de pression démographique au final sur Magnetic Island. La moitié de l’île est occupée par un parc national. Vous pourrez y observer notamment des koalas. Ce n’est pas évident de les voir car dormant entre 18h et 20h par jour, ils font peu de bruits. De plus, leur pelage se confond parfois aux feuillages des arbres.

animaux magnetic island

Just outside my room ! #autralia

Une photo publiée par Fabrice Dubesset (@instinct_voyageur) le 14 Juil. 2015 à 3h42 PDT

Koala sleeping ! In Magnetic sland #autralia #koala #magneticislandUne photo publiée par Fabrice Dubesset (@instinct_voyageur) le 6 Juil. 2015 à 17h06 PDT

Donc, il faut lever la tête et les chercher sur les branches d’eucalyptus. Vous en surprendrez surement un dans une position improbable comme celui-ci :

L’île compte une grande variété d’oiseaux, une population de walibis, ces petits kangourous tout mignons.

Une île plus accessible

voyage magnetic island

Magnetic Island n’est pas située sur la Grande Barrière de Corail, aussi le budget pour y séjourner est plus accessible.

Pour vous donner une idée, séjourner une journée sur Fraser Island demande au bas mot 200 euros…

Ici, vous pouvez même trouver des chambres à 35 euros la nuit, un bon tarif pour l’Australie.

L’île est composée de trois villages : Horseshoe Bay, Nelly bay et Picnic Bay. C’est dans ce dernier village que j’ai séjournée.

Il y a deux, trois supermarchés sur l’île, vous pourrez donc vous y ravitailler.

Bref, une île australienne proche des côtes et pas traumatisante pour votre budget.

Un hôtel top

J’ai beaucoup aimé séjourner au CStay, un petit hostal à Picnic Bay. Vous êtes tout près de la plage, le patron Brad est vraiment cool.

En plus, il y avait peu de monde présent dans cet hôtel à cette période.

Mais surtout, ce que j’ai beaucoup aimé, c’est la proximité de la vie sauvage. Entouré d’arbres, vous entendrez constamment les cris de divers oiseaux. Perso, j’adore m’endormir et me réveiller avec cette symphonie.

Poolside_big (1)

Il est même possible d’observer les aller et venus d’un aigle dont le nid est proche. Chose rare dans une petite agglomération.

Un possum venait tous les soirs vers 20h sur la terrasse de l’hôtel afin de quémander de la nourriture. Etrange ces petites bêtes, vous savez de quoi je veux parler ? Voici une photo :

Je peux vous dire qu’il adore les carottes.

Parfois, le matin, des perroquets et divers oiseaux comme celui-ci venaient dire bonjour.

J’ai aussi aperçu des wallabies qui se promenaient tout près de l’hôtel.

magnetic island 

Un climat parfait

Je suis passé à Magnetic Island en juillet, la meilleure période. Le climat est parfait : ni trop chaud, ni trop froid : environ 26, 27 degrés l’après-midi. Et toujours un grand ciel bleu.

Par contre, durant l’été australe, la température grimpe à 40 degrés…

Des activités variés

IMG_0264

Magnetic Island offre un large choix d’activités dont bien sûr le snorkeling et la plongée. Attention, vous n’êtes pas ici sur la Grande barrière de Corail, pour cela, il faut aller plus au large.

L’île est balisée de plusieurs sentiers de randonnées. Un de plus intéressants est celui qui mène au fort construit pendant la seconde guerre mondiale.

Le Queensland était alors sous la menace d’attaques japonaises. Ces derniers ont conduits plusieurs raids contre des villes d’Australie, notamment contre Sydney (qui est loin pourtant) et Darwin au nord. Le film « Australia » montre l’attaque de Darwin, une sorte de Pearl Harbor australien.

Les Australiens parlent parfois de « la bataille pour l’Australie ». En fait, c’est un terme inapproprié car les japonais n’ont jamais eu pour but d’envahir le pays. Leur but était juste de le couper de son allié américain en occupant le Pacifique.

Voilà, c’était la minute culturelle de cet article.

IMG_0265

Donc, Magnetic Isand fut érigé en poste de défense et d’observation. Un fort fut érigé sur une colline de l’île et des canons furent amenés là pour surveiller la zone. Ils pouvaient atteindre une cible à plus de 18 km de distance tout de même.

Il ne reste plus grand chose de cette base, seulement quelques fondations et casernements. C’est plutôt le prétexte à une marche afin de s’offrir un beau point de vue à 360 degrés de l’île du haut du poste de commandement.

Vous apercevrez surement des koalas le long du sentier, ouvrez vos yeux !

Autres activités :

  • Louer un kayak pour explorer les baies de l’île.
  • Louer un scooter à la journée
  • Il est aussi possible de louer de petites voitures pour découvrir l’île.
  • Picnic Bay possède un musée sur l’histoire locale. Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 10 h à 13h.

Au final, je suis resté une semaine sur Magnetic Island à lézarder. Observer les animaux sur la terrasse de l’hôtel en prenant un thé au soleil, marcher ou courir sur la page…Il y a des chances pour que vous succombiez aussi non ?

  • Sunbuses assure les liaisons sur l’île. Bus toutes les heures, arrête au terminal du ferry. 7 dollars pour un passe à la journée.
  • CStay : Piscine et wifi gratuit. http://cstay.com.au/
  • Ferry : 32 dollars aller retour. 20 mn de trajet.

Faites tourner sur les réseaux !

IVCAST 22 : Voyageur aveugle, l’histoire de Jean-Pierre Brouillaud

Bienvenue. Rejoins le programme Voyager Plus !

Mes 10 solutions pour réaliser tes rêves de voyage + des ressources, des réductions et le Manifeste du Voyageur (mon livre gratuit) ! » Télécharge le tout en cliquant ici.

Jean-Pierre Brouillaud a été frappé de cécité à l’âge de 15 ans. L’année suivante, il partait seul sur les routes du monde. Depuis, il ne s’est jamais vraiment arrêté. Et cela fait près de 50 ans que cela dure ! Rencontre avec un écrivain voyageur aveugle. 

Ecouter cet épisode :

1.Tout de suite sur le blog avec le lecteur ci-dessous :

2. Ecouter cet épisode et les prochains sur la plateforme iTunes en t’abonnant au podcast sur iTunes.

Pour une écoute sur les smartphones et les tablettes Apple, utilises une application comme Stitcher ou Podcasts.

3. Ecouter cet épisode et les prochains sur les smartphones et tablettes Android grâce à une application comme Stitcher ou Podcast Addict. Ajoute le flux du podcast dans ta play list. Ou cherche Instinct Voyageur !

4. Ou télécharger le podcast en mp3 (clic droit-enregistrer sous ) 

– S’abonner au flux RSS du podcast.

 

Un podcast c’est quoi ? Comment écouter l’écouter ?

Tout est expliqué ici !

A propos de cet épisode :

Entre nous, je ne sais plus comment je suis tombé sur le blog de Jean-Pierre Brouillaud sur la toile. Ce fut en tout cas une bonne surprise. Après avoir parcouru son blog, je lui ai envoyé un mail pour lui demander s’il serait d’accord pour une interview.

Après coup, je me suis dit « mince, comment va-t-il lire mon mail ? ». Mais pas de soucis pour Jean-Pierre qui m’a répondu dans la journée. Il a une solution pour cela, il en parle dans le podcast d’ailleurs.

Bref, voici une chouette interview d’un voyageur aveugle. En plus, Jean-Pierre vit en Ardèche, je compte bien passer le voir la prochaine fois que je rentre chez moi !

Mots clefs du podcast:

Handicap- Cécité – Voyage au long cours – Voyageur aveugle – Inspiration

Ce que vous allez découvrir dans cet épisode :

– Le choc qu’a vécu Jean-Pierre à 16 ans.

– Comment, malgré sa cécité, un an après, il partait seule en voyage

– Les quartiers qu’il recommande pour s’installer.

– Le budget qu’il faut.

– Pourquoi Julien aime tant le Canada et son climat, et l’hiver, oui !

– Ce qu’il aime au Canada

– Les opportunités de travail

– Ce qu’il adore à Montréal.

– Ses conseils pour ne pas rater son expatriation à Montréal.


Liens en rapport avec l’épisode :

– Le blog de Jean-Pierre. Je vous recommande en particulier la série « votre premier aveugle »

– Le livre de Jean-Pierre « Aller voir Ailleurs », chez Points.

Je ne l’ai pas encore lu, mais il promet d’être passionnant !jean-pierre-brouillaudacone-am (1)acone-am (1)

Merci d’avoir écouté !

Mes excuses pour la qualité son de ce podcast qui n’était pas au top. Et je n’étais pas très dynamique là, voilà ce que c’est que de se lever tôt pour les skype à l’autre bout du monde.

Vous souhaitez écouter les prochains podcasts du blog ?

Pour cela, il suffit de souscrire au podcast sur Itunes.

Si sous avez aimé ce podcast, je vous serais vraiment reconnaissant si vous pouviez laisser un commentaire sur iTunes, comme celui-ci :

podavis3

Laissez votre avis sur iTunes

Les avis sur iTunes sont très importants pour avoir de la visibilité et donc, que ce projet de podcast continue dans la durée. Merci !

Les autres épisodes du podcast voyage ici.

Vous avez une question ?

Posez-moi une question de vive voix pour un prochain IVCAST !

Transcription :

Fabrice :

Bonjour à tous et bienvenus pour ce nouvel épisode du podcast « instinct-voyageur ». Alors, aujourd’hui, je suis avec Jean Pierre Brouillaud. Bonjour Jean Pierre.

Jean Pierre :

Bonjour Fabrice.

Fabrice :

Alors, Jean Pierre, tu es un écrivain voyageur aveugle. C’est cela ?

Jean Pierre :

C’est ça, oui.

Fabrice :

Et donc, je suis un peu tombé par hasard justement, je me rappelle plus comment je suis tombé sur ton blog. Mais, en tous cas j’y suis tombé et j’ai trouvé ton blog super intéressant, ton histoire incroyable, voire fascinante, puisque pour résumer là en deux mots, là tu as été frappé- tu m’arrêtes si je dis des bêtises – tu as été frappé de cécité à 15 ans.

Jean Pierre :

Oui, c’est ça.

Fabrice :

Et à 16 ans, tu as décidé de partir sur les routes du monde, tu as voyagé pendant des années avec ton handicap.

Jean Pierre :

Oui.

Fabrice :

Alors, voilà pour resituer un peu le contexte au début, comment ça s’est passé ces premières années ? Pourquoi tu es parti ? Enfin, qu’est ce qui t’est arrivé à la base ? Et pourquoi tu as décidé de partir comme ça malgré ce handicap sur les routes du monde ?

Jean Pierre :

Écoute, vers 11 ans, 12 ans, j’ai 59 ans, donc là on parle des années 67 qui étaient littéralement fascinées par ce qu’on appelait à l’époque : la culture, la big generation, le mouvement hippie et j’écoutais la radio à l’époque, c’était Europe numéro 1, ils présentaient une émission qui s’appelait « Campus », que je conseille à tout le monde si on retrouve des podcast in parce que c’est vraiment passionnant, ce qui a été assez dit à l’époque.

Donc, j’étais fasciné par ça et j’étais ce qu’on appelle les hippies et déjà, je voyais déjà fort mal. Et j’ai perdu totalement la vue à 15 ans et demi et je me suis retrouvé effectivement face à un défi. C’est-à-dire endosser la vie que l’on me proposait à savoir certains types de métiers quand on était aveugle par rapport au type d’études qu’on faisait ou soit réellement vivre, ce qui me faisait brûler à l’intérieur, je peux pas le dire autrement, c’était de partir en voyage et j’ai risqué, je suis parti en auto-stop.

Je ne dis pas que ça était facile, mais je crois pas qu’il y ait des choses faciles, qui donnent du goût à la vie, ça était même parfois compliqué même très compliqué, mais ça permet de grandir et d’accepter ce qui fait peur parce que je crois que c’est fondamental de faire face à la peur pour dépasser certains stades et pour justement accomplir nos rêves.

Donc je suis parti vers 16 ans sur les routes en auto-stop et au départ très motivé pour retrouver la grande famille qu’on appelait « hippie » à l’époque. Donc, Amsterdam, Londres, Istanbul et après partir sur la route des Indes   pendant plusieurs années.

Fabrice :

D’accord.

Jean Pierre :

…Avec évidemment cette grande station

Fabrice :

D’accord. Mais, un an après seulement, être frappé par ce handicap, tu n’as pas été tétanisé par la peur de partir comme ça seul. Enfin, qu’est ce que tu t’es dit ans dans ta tête exactement ? Qu’est ce qui a fait que tu as franchi le pas ?

Jean Pierre :

Écoute, moi je dirais aujourd’hui – parce que évidemment quand on regarde son passé on l’interprète toujours – je dirais que le désir a été plus puissant que la peur. Voilà, c’est ce que je dirais aujourd’hui. A l’époque, ça s’est concrétisé un peu d’une certaine manière, j’étais chez mes parents, j’étais absolument ingérable. Donc, il y avait plus aucune école d’aveugles qui voulait de moi en France. Je m’étais fait rejeter de trois différentes écoles. Donc, mes parents ne savaient absolument plus quoi faire de moi. J’avais aucune formation et donc, j’ai fait 3 fugues. J’ai fait trois fugues à partir de 16 ans. J’en avais déjà prémédité une à 14 ans et demi pour tout dire.

Fabrice :

T’as vraiment ce désir de voyager.

Jean Pierre :

…Et je suis parti sur les routes. Ah oui ! Complètement, c’est oui oui ! Ça le mouvement était absolument, aller voir ailleurs, c’était absolument indispensable pour moi et si tu veux, oui j’ai fait 3 fugues et puis au bout d’un moment, mes parents ils ont envoyé l’interpole, la police sur le dos.

Fabrice :

Ouais.

Jean Pierre :

Un passeport et surtout avec…

Fabrice:

Ah oui carrément.

Jean Pierre

…Émancipation et là à partir de ce moment là, j’ai pu vivre pleinement ce désir d’aller respirer.

Fabrice :

Ce désir, tu l’avais avant d’être frappé par ton handicap en fait ?

Jean-Pierre :

Complètement ! Enfin, bon, j’ai toujours été malvoyant parce que j’ai perdu mon premier œil, j’avais deux mois. Donc, je ne m’en souviens plus et l’autre avait une vision quand même très diminuée jusqu’à ce que la vision disparaisse complètement à 16 ans. Donc, j’ai toujours été malvoyant en fait avant de devenir franchement aveugle.

Fabrice :

D’accord et j’imagine que tes proches, tes parents, ils ont essayé de te décourager de partir ?

Jean Pierre :

Oui, bon de toute façon, ce n’était pas le… À l’époque, moi, je viens d’un milieu très – comment dire – paysan plutôt, des gens qui n’ont absolument pas de bagage culturel, à qui ça ne parlaient pas du tout ces nouvelles… ces mots paradigmes de vie, communauté, nomadisme, voilà, vie précaire probablement pour peut-être… oui ça ressemblait probablement à une vie précaire, En plus avec – tu sais – les accoutrements de l’époque, les grands cheveux. Ah oui, mon père a été militaire, donc, il faut que je signale ça quand même. C’est intéressant. Donc, pour lui, c’était absolument pas compatible. Donc, il y a eu beaucoup de conflits. Je suis parti sur des conflits.

Fabrice :

D’accord, t’es pas parti avec leur accord, leur bénédiction ?

Jean Pierre :

Non, jusqu’à ce qu’ils en aient vraiment marre et qu’ils décident de m’attribuer cette émancipation. Mais bon, au moment donné j’avais 17 ans tu vois ?

Fabrice :

D’accord. Donc tu es parti à 16 ans. Tu as pris la direction – tu m’as dit – de l’Asie ?

Jean Pierre :

Non, au départ non parce que je n’avais pas de papiers. Donc, au départ, je restais en France. J’allais à Paris. Bon, j’ai réussi à entrer quand même avec une carte d’identité. J’ai réussi à aller à Amsterdam, en Belgique, à Londres, mais c’est qu’après, lorsque j’ai eu un passeport que j’ai pu partir. Donc, j’avais 17 ans et demi. J’ai pu partir en Istanbul et là j’étais tout seul. Là, ça était assez – comment dire – étayé d’anecdotes tu vois ?

Quand je suis arrivé à Istanbul par exemple, la première chose qui m’est arrivée, quelqu’un m’a fauché ma canne blanche je suppose un gamin, j’étais dans la gare d’Istanbul et j’ai senti la canne, je m’y attendais pas du tout. J’essayais de me repérer le long du quai, j’ai descendu du train. J’écoutais, j’étais là vraiment très concentré pour essayer de savoir exactement vers où je devais aller. Et quelqu’un m’a enlevé la canne. Je suppose que c’est un môme et alors là ça était – je crois que ça était un des premiers – comment dire ça – raz de marée [rire] dans ma vie.

Je savais plus j’étais complètement… T’imagines, tu es aveugle, tu es sur un quai de gare dans un pays où tu ne parles pas la langue. J’avais à peine 3 sous en poche. Enfin, j’étais dans une tragédie extrême et on m’enlève la seule possibilité de me déplacer en essayant de me repérer un tout petit peu avec la canne blanche. Et finalement, je pense que c’est un gamin qui me l’a fauché. Et je me suis assis, je suis rentré dans la respiration pour essayer de me calmer, de laisser tomber un peu les normes vagues, raz de marée comme je disais émotionnelles, et puis, pour essayer d’écouter un conseil qui venait d’un endroit tranquille au moins, là où il n y a pas de la colère et de la peur, tu vois ? Et à ce moment là, il y a quelqu’un qui est revenu vers moi, qui m’a tapé sur l’épaule et qui m’a rendu ma canne.

Fabrice :

Super !

Jean Pierre :

Ouais.

Fabrice :

Là, tu as dû être soulagé, un gros soulagement là ?

Jean Pierre :

Ben, oui là, quelque part, je me sentais comme – comment dire ça – comme si la vie me donnait la permission de continuer ma vie de nomade.

Fabrice :

Et donc, après Istanbul ?

Jean Pierre :

Alors écoute, après Istanbul, ça était la route traditionnelle de l’époque, j’ai rencontré beaucoup de monde, je suis parti en Iran. J’ai beaucoup voyagé en Afghanistan, Pakistan, l’Inde, le Népal. Et ça, ça durait plusieurs années et ensuite, moi j’ai trouvé que c’était trop… Je vis avec une espèce de conformité. On était quand même un peu les copies conformes, on se disait très marginaux, alternatifs, en fait, on était très copie conforme les uns des autres. On avait un peu les idées communes patati patata.

Donc, vraiment, j’ai rencontré un garçon en Afghanistan qui lui, arrivait d’un long périple à travers l’Afrique noir. Et on sympathisait, c’était un français et on a décidé de partir vraiment plus à l’aventure et là, à partir de ce moment là, on est parti, on est resté longtemps au Moyen-Orient. On a vécu au Soudan, toutes sortes d’aventures, remonter le Nil blanc, traverser toute l’Afrique noir à pieds sans un sou. Là, on a voyagé longuement.  Donc, ça ça a commencé ma vie à proprement dit d’aventure.

Après, j’ai rencontré d’autres gens avec qui je suis allé. Après, j’ai eu une longue période en Amérique du sud notamment  au Pérou.

Fabrice :

Donc, là on est dans les années ?

Jean Pierre :

Là, on a commencé en 72s quand j’avais 16 ans et là quand je parle d’aventures plus amazoniennes et autres, c’est 80s déjà. 80s ou 81s, 82s. Après, j’ai traversé tout en auto-stop avec une femme que j’avais rencontrée au Pérou, j’ai rejoint le Canada en auto-stop. Après, on est rentré en Europe quelques mois pour vendre un peu des bijoux, enfin un peu comme on faisait à l’époque.

Et après, on est reparti en Asie. Après, ça était le pacifique, ça n’a jamais arrêté en fait. Et même quand je me suis installé par la suite en Ardèche, dans un tout petit village dans le sud d’ Ardèche qui s’appelle Laboule. Quand je suis allé là-bas, je partais quand même – on va dire 3 ou 4 mois par an pour voyager. Donc, après c’était des voyages plus éclair  tels que le Yemen, je ne sais pas le Burkina-Faso.

Fabrice :

D’accord. En fait, tu n’as jamais vraiment arrêté depuis ?

Jean Pierre :

Non non. Même là, cette année, je suis allé trois fois au Maroc, et puis je suis allé en Grèce, je suis allé au  Portugal, j’ai passé tout l’été au Cambodge et puis, là je repars en Éthiopie  dans huit jours là.

Fabrice :

D’accord.  J’aimerais beaucoup y aller.

Jean Pierre :

C’est ça voilà. Écoute, je te raconterai quand j’aurais un peu…

Fabrice :

Mais dis-moi Jean Pierre, il faut quand même… Tu imagines ? Je ne sais pas si t’en as conscience, t’imagines que pour le commun des mortels, c’est incroyable. Ils ont du mal à réaliser que voilà sans la vue, tu peux comme ça voyager, partir comme ça en solo sur les routes parce que parfois, je reçois des mails de lecteurs qui ont un peu de l’appréhension de partir comme ça en voyage alors qu’ils ont toutes leurs capacités intellectuelles et physiques. Tu imagines que pour eux, ça doit être… Là, ils peuvent écouter ton histoire, ça doit être impressionnant. Alors, qu’est ce que t’as envie de leur dire à ces gens qui ont un peu… ?

Jean Pierre :

Bon, déjà, j’ai envie de dire que je voyage quand même assez rarement en solo totalement. Je l’ai eu fait. Mais maintenant, je voyage – ouais allez quasiment toujours maintenant au moins en binôme, avec des amis même si on part à pied ou en stop.

En tous cas, je voyage à deux. C’est quand même beaucoup plus confortable. Puis, c’est surtout ça m’intéresse beaucoup plus aujourd’hui de partager le voyage avec quelqu’un d’autre. D’autant plus que je voyage souvent aussi avec maintenant l’idée aussi – ce qui n’était pas le cas à l’époque – d’écrire, d’animer mon blog ou de faire des films comme c’était le cas là cette année. Mais après, une chose dont je suis conscient et que j’aime beaucoup dire, c’est que si je n’avais pas rencontré quand j’étais seul par exemple les autres non seulement je n’aurais jamais rien fait, sans les autres, on ne fait rien.

Donc, moi ce que je donnerais comme conseils qu’on soit aveugles ou pas aveugles, c’est simplement un moment donné faire confiance à l’humanité. C’est-à-dire je crois qu’on ne peut pas voyager avec de l’appréhension, si on a beaucoup d’appréhension, il vaut mieux rester chez soi, explorer son appréhension chez soi pour qu’elle se dissolve. C’est une confiance, qui détermine nos actes et qui accompagne nos désirs. Et si on n’a pas d’appréhension on peut partir.

Fabrice :

Mais quand même au début, tu es parti seul…

Jean Pierre :

Absolument, oui je suis parti seul. Mais, ce que je t’expliquais tout à l’heure le désir était prêt. Et ce qui est extraordinaire là-dedans c’est que dans le sens où ce que moi je trouvais courageux, c’était les gens qui avaient une vie réglée.

Je n’aurais jamais pu vivre ça.  moi j’ai absolument aucun… je ne mesure pas la vie des uns et des autres avec une unité de mesure qui ferait que je dirais ça c’est une bonne vie, ça c’est une mauvaise vie. Il y a pas de travail  il aime ce qu’il fait, c’est super qu’il reste chez lui, c’est aussi bien, et c’est la même chose finalement que de voyager sous une forme différente, on est bien d’accord. La chose qui est quand même très importante : si on écoute, si on est fasciné par le monde du voyage et qu’on reste chez soi et qu’on ne part pas, on est malheureux. Donc, l’idée c’est d’être heureux. Et pour être heureux, il faut accomplir absolument ce qui est important pour nous. C’est-à-dire, si c’est le voyage, c’est le voyage. Si c’est rester chez soi et accomplir des choses chez soi, c’est pareil. Voilà.

Fabrice :

Tout à fait, il faut écouter ses désirs et ses pulsions. Il faut suivre ça.

Jean Pierre :

Complètement, et je dirais quand même c’est de se coucher le soir en étant tranquille, en se disant ce que j’ai vécu aujourd’hui, ça me correspond, parce qu’autrement, on vit dans une petite frustration totale. Et encore une fois, que ce soit une vie de voyage ou que ce soit une vie précaire pourquoi pas. Mais, il faut choisir sa vie.

Fabrice :

Oui, tout à fait, il faut avoir le choix, c’est ça, l’important c’est de suivre son premier choix et faire ses choix.

Jean Pierre :

Et souvent, il y a la peur. Moi je crois que c’est souvent la peur, on l’utilise souvent pour se cacher ou alors, c’est parce que le désir est pas suffisamment craignant, il n’est pas suffisamment fort. Le désir abolit la peur. Pas totalement il reste une peur raisonnable c’est-à-dire une peur biologique. Je ne sais pas moi, il m’arrive des fois – je ne sais pas – dans les montagnes du Guatemala, quand les types conduisent comme des dingues en camions ou voire dans les bus, et qu’on passe le long des ravins et que je suis avec quelqu’un qui me décrit qu’on frôle des ravins, je ne suis pas indifférent à ça, bien entendu.

Fabrice :

Justement, puisque tu parles de ça, comment tu – comment dire – là tu parles de cette anecdote avec ce ravin, cette personne qui te décrit le ravin. C’est souvent comme ça. C’était souvent comme ça lors de tes voyages, quand on est aveugle, justement, on a besoin de quelqu’un à côté pour nous retranscrire un peu. Enfin, là je parle un peu…

Jean Pierre :

Oui, oui tu veux dire un descriptif. Oui et non si tu veux. Moi, je ne suis pas un aveugle assoiffé de l’objectivité des choses. Je ne voyage pas pour chercher à voir. Non, je ne vois pas. Je voyage parce que c’est le désir qui me pousse en avant. Mais quand j’essaie de savoir, quand je pose la question pourquoi je ne réponds pas et je ne chercherai pas à comprendre. Je ne cherche même pas la réponse. Je t’aurais donné une réponse plus au moins convaincante, intellectuelle et tout ça. Mais, je sais très bien que tout ça, ce n’est pas satisfaisant.

Je voyage parce que je ne peux pas faire autrement, c’est ma vie aujourd’hui et je ne cherche pas à ramener quand je vais rentrer d’Éthiopie par exemple, je ne cherche pas à comprendre l’Éthiopie, c’est comme ci l’Éthiopie, c’est comme ça. Tu sais il y a un endroit, je suis allé à un lac, il y avait des oiseaux patati-patata. Non, moi je vais rencontrer mon voyage en Éthiopie, je ne vais pas raconter des  Éthiopie objectifs à voir, tu vois ?

Je vais raconter la main qui va me guider dans une rue, le contact que je fais avec quelqu’un, j’essaie d’être vraiment au plus près de mon propre voyage. C’est-à-dire, c’est un voyage sans yeux. Pour moi, le monde, il n y a rien à voir quelque part.

Fabrice :

Donc, c’est quoi ? C’est les bruits, les odeurs surtout ? Des sensations ?

Jean Pierre :

Oui, des odeurs et surtout le sensitif et surtout les rencontres humaines ou voire avec les animaux je ne sais pas les anecdotes, j’ai plein d’anecdotes comme ça ou bien une lumière en Australie où il y a un animal qui est venu près de ma tente et je suis sorti et j’ai réussi à le toucher. C’est fantastique, c’est étonnant !

Fabrice :

C’est marrant. Mais qu’est ce que t’appelles le sensitif ?

Jean Pierre :

Le sensitif, c’est ressentir l’atmosphère tu sais ? Quand je suis devant un paysage, je pourrais te le décrire. Mais, ça serait certainement pas ce que tu as toi sous les yeux si on était allé voir le même paysage.

Mais, je le reconstitue dans ma cinémathèque d’aveugle [rire] si tu veux. Je le reconstitue à ma façon. C’est-à-dire, une sensation de vide devant moi. S’il y a un ravin par exemple ou des vallées je ne sais pas il y a quelques semaines je faisais de l’auto-stop en Ardèche à la sortie d’un village et j’étais tout seul et je claquais des doigts pour essayer de comprendre un paysage et les co-localisations. Je ne claquais pas des doigts en fait, je tapais les mains l’une dans l’autre et l’écho que m’a renvoyé le paysage m’a fait comprendre que de l’autre côté de la route où j’auto-stoppais il y avait soit un grand ravin, soit une immense vallée tu vois ?

Fabrice :

Ah d’accord.

Jean Pierre :

Je décrypte, je déchiffre le paysage par d’autres avenues perceptuelles forcément. C’est ça que j’appelle…

Fabrice :

… Et dans ton esprit, t’as une image qui apparaît ou pas forcément ?

Jean Pierre :

Écoute, il y a une image si j’en parle avec quelqu’un d’autre. Oui, j’essaie de reconstituer une image pour avoir un langage commun avec la personne avec qui je discute.

Donc, non je reste beaucoup plus dans le monde de la sensation, dans le monde de l’aveugle. C’est-à-dire dans l’olfactif.

Fabrice :

D’accord. J’essaie d’imaginer. Mais, en fait, c’est impossible d’imaginer forcément.

Jean Pierre :

Ouais, tu peux. En tous cas, tu peux imaginer. Mais, imaginer ce n’est pas ressentir comme l’autre tu vois ? C’est juste approcher. On peut partager. Bon, si on était devant le même paysage, j’essaierais de le faire rentrer dans mon univers, dans mon blog, j’essaie d’en parler. J’essaie de décrire au plus proche dans le livre qui sort dans quelques semaines, c’est pareil. J’essaie vraiment de faire rentrer le lecteur dans mon univers. C’est vrai qu’on ne peut pas l’expérimenter totalement. D’autant plus que pour vous qui voyez, la cécité c’est un monde imaginaire en termes de nuit intégrale.

Mais, ce n’est pas ça la cécité, c’est ne pas voir du tout. Et ne pas voir, c’est ne pas voir la nuit, c’est ne pas voir du noir. C’est-à-dire, ne pas voir, c’est comme si vous, vous regardiez avec votre pied ou avec votre dos. Il y a déjà une absence de regard, ce n’est pas du noir.

Fabrice :

J’ai lu sur ton blog, tu disais que tu considérais la cécité comme chance extraordinaire. « Cela me met en relation permanente avec l’autre. »

Jean Pierre :

Absolument. Oui. C’est absolument une occasion d’être en permanence en liens. C’est à dire quand je me balade dans une rue tout seul et que je ne connais pas, à un moment donné, je vais intercepter quelqu’un et lui demander si la rue que je cherche, si je dois continuer, si je dois tourner à gauche et tout ça. Et c’est extraordinaire parce que ça me fait une vie, ça m’écrit une vie de relations permanentes et ça fait des rencontres très souvent.

Fabrice :

C’est un accélérateur de rencontres.

Jean Pierre :

C’est ça, exactement ! C’est un accélérateur de rencontres et j’ai été très souvent invité chez les gens aux quatre coins du monde qui étaient curieux de ma différence parce qu’en fait moi pourquoi j’ai écrit, pourquoi j’ai un blog, pourquoi j’ai écrit un livre, pourquoi j’ai fait un film, c’est pour parler de la différence, parce que je pense qu’on a extrêmement peur de la différence aujourd’hui.

Et j’aimerais que les gens et moi-même soyons beaucoup plus curieux de la différence qu’elle soit de l’ordre physique, psychologique ou civilisationnel ou racial ou sexuel. On est riche de la différence, on est riche de la biodiversité. La pauvreté c’est la pensée unique. La pauvreté, c’est la peur de l’autre.

Donc, si vous voulez par exemple sur mon blog, j’ai lancé quelque chose qui s’appelle, j’ai lancé sur un poste un programme qui s’appelle « invitez-moi » et il y a des gens qui me contactent par le blog et qui m’invitent chez eux et je passe une soirée à leur expliquer justement ma manière de percevoir.

Et je leur pose aussi des questions sur leur manière à eux aussi d’être au monde. Je suis curieux en fait de l’autre et c’est vrai que je ne demande pas grand chose. Mais, je trouve que c’est important qu’on soit curieux les uns des autres comme tu le fais là actuellement Fabrice. Tu m’interroges. Donc, c’est bien. C’est que tu as un intérêt pour cette différence.

Fabrice :

C’est vrai. J’étais très curieux en effet de te parler et quel est le regard des autres dans les autres pays par rapport à toi ?

Jean Pierre :

Par rapport à la cécité ?

Fabrice :

Ouais, est ce qu’il y a des différences suivant la culture ?

Jean Pierre :

Oui. Il y a beaucoup de différences dans les pays où le niveau de vie est moindre, tu vois ? On va faire rapidement, je vais être obligé quand même un peu de synthétiser tout ça. On va dire l’Afrique noir, voire l’Inde ou voire Maghreb, les gens sont beaucoup plus… Ils sont définitivement à l’aise avec l’ordi. Ils viennent directement à moi, ils m’attrapent la main.

En Afrique noire par exemple, j’étais au Burkina il y a quelques temps, quelqu’un me guide dans la rue pour m’amener quelque part. Puis à un moment donné, il va me dire « écoute moi je vais à gauche, toi tu vas à droite.» Mais, non, un français, il va me dire ça. Par exemple, il va dire : « Toi tu vas à droite » Puis il m’explique. Et un africain, il ne va pas faire ça, il va arrêter quelqu’un dans la rue qui part à droite en disant : «  tu ne peux pas accompagner ce monsieur parce qu’il ne voit pas » ou quelque chose comme ça. Voilà il y a vraiment un service après vente absolument incroyable.

Fabrice :

Et pourquoi ils sont plus à l’aise, plus familiers ?

Jean Pierre :

Je pense qu’ils vivent avec leurs handicapés, ils ne les planquent pas. Nous, en occident. Ils ne le cachent pas oui si tu veux. Déjà nous en occident, les gens qui ont un différent, qui ont un handicap la plupart du temps, ils n’osent pas sortir, tu vois. Ils restent chez eux parce que souvent ils ont été éduqués on leur dit que ce n’est pas facile pour eux le vie, on leur fait croire qu’ils ont diminué. Moi, je refuse ce genre de choses. Moi de toute façon, je ne me perçois pas comme handicapé, je me perçois comme différent. Donc, je n’ai pas quelque chose en moi je veux dire, j’ai…

Fabrice :

… Et c’est aussi parce que justement, il y a des structures et des programmes qui viennent en aide aux handicapés. Mais, l’effet un peu pervers, c’est justement que ces personnes sont moins intégrées à la population.

Jean Pierre :

C’est ça. Alors que tu es en Afrique ou tu es en Inde, voire relativement dans certaines régions de l’Amérique Latine, je veux dire les gens, ils vivent avec leurs handicapés, « leurs handicapés » font – j’utilise exprès ce mot mais ce n’est pas mon mot – je veux dire avec les différences, elles sont intégrées dans la société beaucoup plus qu’ici.

En tous cas, elles ne sont pas forcément intégrées au sens du travail, pas forcément mais ils ont – je vais le dire – il y a tellement de parents d’aveugles en Afrique, c’est énorme, que j’imagine que plus au moins dans chaque famille, il y a un aveugle. Donc, on a l’habitude d’être en relation avec un aveugle.

Fabrice :

Donc, c’est en Afrique où t’as vu pour toi l’accueil a été le plus…

Jean Pierre :

Ouais. C’est extraordinaire en Afrique. C’est totalement… L’Afrique noire, c’est la région la plus facile à voyager quand on est aveugle. Oui, effectivement.

Fabrice :

Ah d’accord. Je ne le savais pas.

Jean Pierre :

Oui.

Fabrice :

Et la plus difficile j’imagine c’est l’occident ?

Jean Pierre :

Oui, l’occident. Je ne peux te faire un truc très schématique, là je sors dans la rue, là maintenant. Je suis dans un endroit que je ne connais pas, on va parler de la France. Mais, j’ai beaucoup de mal : les gens ne s’arrêtent pas la plupart du temps. Les garçons de 18 à 40 ans ne s’arrêtent jamais. Peut être de temps en temps des jeunes filles de 18 à 20 ans. Et après c’est les étrangers, les maghrébins, les africains qui s’arrêtent volontiers pour aider comme toujours et puis des gens âgés, les gens de mon âge, à partir de 60 ans, oui.

Fabrice :

D’accord. Donc, quand tu voyages par exemple en Asie, en Amérique latine ou en Afrique, tu as constamment quelqu’un qui va vers toi pour t’aider par exemple, monter dans un bus.

Jean Pierre :

Oui très facilement. Bon, après, ce n’est pas à 100% ce que je dis là. Mais, c’est beaucoup plus. Là, par exemple, je suis monté dans un TGV il y a quelques jours en France et évidemment moi j’avais mon numéro de siège je ne peux pas le lire tout seul le numéro de siège.

Donc, je marche dans le compartiment et je demande à voix haute s’il y a quelqu’un qui peut m’indiquer. « Voilà, je suis aveugle messieurs dames, si quelqu’un peut me dire où est le numéro 71 ». Et personne ne répond ! C’est quand même impressionnant !

Fabrice :

Personne ne répond ?

Jean Pierre :

Non, en général non ! Il faut que j’insiste plusieurs fois quand je m’adresse à une foule comme ça, un ensemble de gens non, enfin, je ne m’adresse pas à quelqu’un en particulier. Personne ne se sent vraiment concerné. Donc, c’est assez compliqué.

Au bout d’un moment, je suis obligé de taper sur l’épaule de la personne et lui dire « écoutez merci de me dire où c’est parce que je ne vais pas le trouver tout seul. » Et voilà.

Fabrice :

Les gens lèvent la tête, mais ils ne disent rien. Ils ne te répondent pas ?

Jean Pierre :

Ah si ils lèvent la tête parce que les gens se sentent concernées. Moi j’ai quand même un peu le sentiment qu’on vit dans un monde aujourd’hui où l’autre ne nous intéresse pas beaucoup et c’est quand même grave parce que – et je mesure mes mots – on vit tous ensemble et le monde si on veut que ça ait lieu, et bien il faut qu’on prenne conscience que les autres sont des autres et il faut surtout prendre confiance qu’on est dans l’autre en étant présent à l’autre, on sait dès qu’on est présent à soi-même parce qu’on n’est pas séparé du reste de l’humanité. On n’est pas séparé de l’autre. Et c’est justement cette croyance aujourd’hui où je dois m’en sortir tout seul, écraser l’autre, être meilleur que l’autre et tout ça, c’est là où ça nous mène aujourd’hui dans ce monde aberrant !

Fabrice :

Et encore faut-il lever les yeux de son écran, sa tablette ou son Smartphone, je pense que c’est à cause de ça. Mais, ça n’aide pas forcément…

Jean Pierre :

Non, ça n’aide pas beaucoup. Et effectivement, je vois bien. Mais les gens en ville. Enfin, partout là maintenant, quand je parle avec quelqu’un la plupart des gens sont effectivement déjà… quand j’interpelle les gens dans la rue, ils sont souvent sur des écrans. Oui.

Fabrice :

Voilà, en effet, je me rappelle, il y a dix ans, j’ai pas mal voyagé en Afrique de l’Ouest, je prenais les taxi-bus, personne n’était sur son Smartphone, on se parlait, on est serré, on se parle. Alors, voilà.

Jean Pierre :

Déjà, on est serré puis comme tu le dis tu vois ? Là bas, on n’est pas chacun sur sa place, on est à moitié sur les genoux du voisin. Donc, on est…

Fabrice :

… Ça facilite le contact.

Jean Pierre :

Ah oui complètement. Quand tu veux te retourner il y a tout le taxi-bus qui est obligé de bouger quand tu bouges ton bras. [rire] Donc, là au moins, on sent qu’on est relié les uns aux autres. C’est effectivement beaucoup plus en liens.

Fabrice :

Et donc, pour toi, c’est important de voyager – oui finalement, ça n’a jamais – malgré ton handicap – ça n’a jamais été une difficulté ?

Jean Pierre :

C’était probablement une difficulté comme tout le monde. Je veux dire…

Fabrice :

… Au début.

Jean Pierre :

Oui et puis même, je veux dire aujourd’hui il y a des moments où il y a des choses qui s’en vont. Mais comme toute le monde je veux dire je fais de l’auto-stop, il n y a pas de voitures pendant deux jours, on n’est pas perdu.

Ce n’est pas forcément facile de trouver un endroit ou mettre son sac le soir et de dormir dans des régions… Tu vois, je raconte ça parce que ça m’est arrivé là il y a deux ans, j’étais en Albanie, a la frontière  et j’étais avec ma fille avec qui je voyage souvent qui avait 19 ans à l’époque. Et on s’est retrouvé dans une région complètement perdue. Les voitures ne s’arrêtaient pas et c’était indiqué partout « Faites attention aux loups et aux ours. » Et nous, on n’avait même pas de tante, on avait juste des petits draps et les voitures ne s’arrêtaient pas. Le truc c’est qu’il fallait dormir là perdus dans les montagnes et c’était quand même… Voilà, c’est pour tout le monde.

Fabrice :

Et tu pratiques toujours autant l’auto-stop ?

Jean Pierre :

Autant non, moins qu’auparavant quand même, puisque j’ai vraiment passé des années et j’ai énormément voyagé en auto-stop. Non, de temps en temps, ouais, ce que j’aime bien, c’est aller à la pêche. C’est vraiment se poster à la sortie d’une ville, tendre le doigt. C’est encore donner encore plus de place au hasard. Dans un bus, on rencontre des gens et tout ça. Et là, on est obligé de rencontrer des gens en auto-stop. Donc, c’est forcer encore plus la rencontre.

Mais, c’est vrai qu’aujourd’hui, ça devient compliqué parce que maintenant avec le monopole du covoiturage par exemple, les gens ne comprennent pas presque plus. Il y a plein de gens qui ne vont pas te prendre parce qu’ils préfèrent prendre quelqu’un qui va payer.

Fabrice :

Oui. C’est un peu ce que j’appelle un peu la monétisation.

Jean Pierre :

C’est ça. De tout, du voyage….

Fabrice :

Par contre le cautchsurfing, tu sais c’est gratuit, il y a un site qui existe depuis des années, et maintenant, il y a des sites qui proposent le même principe mais en monétisant.

Jean Pierre :

}Absolument. C’est ça. Oui.

Fabrice :

Pareil, si tu veux camper dans le jardin de quelqu’un, il faut le monétiser.

Jean Pierre :

c’est absolument tout comme ça. Et moi, j’ai écrit un texte d’ailleurs sur mon blog, je ne sais plus son titre mais à propos d’auto-stop et de covoiturage et moi, c’est vrai que je suis extrêmement touché par ce qui est gratuit dans la vie. Mais, réellement             !

Je veux dire, quand on fait un détour dans la rue pour aider quelqu’un, on s’arrête et qu’on fait vraiment ça spontanément et gratuitement, j’ai le sentiment qu’on fait grandir quelque chose d’humain vraiment.

Fabrice :

Et t’as l’impression que ça devient plus rare alors tout ça ?

Jean Pierre :

Ça devient de plus en plus rare oui. Et pourtant il faut faire ce pas de côté. Il ne faut pas hésiter à faire ce pas de côté, d’arrêter de regarder le monde en termes de ce que ça nous rapporte ou de ce que ça va nous rapporter.

Fabrice :

Justement, là, tu parlais de ton blog qui s’appelle « l’illusion de l’handicap ». Enfin, je mettrai le lien dans l’article du jour. D’ailleurs, je vous invite vraiment à aller voir le blog de Jean Pierre qui est quand même très riche, il y a pas mal de récits de tes voyages passés, etc. Et il y a une série aussi que j’aime beaucoup, c’est « mon premier aveugle. »

Jean Pierre :

Ah oui là c’est en ce moment.

Fabrice :

Enfin, j’aime bien cette série. Pour résumer, tu te poses quelques questions à quelqu’un sur le premier aveugle que cette personne a rencontré, c’est ça ?

Jean Pierre :

Absolument, oui. En fait si tu veux, ça m’est venu là, j’ai participé à une émission que j’ai beaucoup aimée sur la RTS la Radio Télévision Suisse, il y a quelques jours, c’est une émission qui s’appelle « [Cap ou fou ?] ». Et j’ai tellement aimé l’interviewer que je me suis dit que j’avais envie de me mettre moi aussi à sa place. Et donc, j’ai lancé cette série de questions à laquelle j’invite tout le monde si vous allez sur le blog, votre premier aveugle, vous trouvez mon mail et vous pouvez me répondre et après je le publie en fait.

Voilà. Et c’est vrai que j’apprécie beaucoup parce que très souvent des gens dans la rue me disent. Ah en fait, monsieur, vous êtes mon premier aveugle. Donc, ça m’est venu comme ça, l’idée de… D’ailleurs Fabrice, si tu trouves 5 minutes et une plume pour écrire.

Fabrice :

Ah je le fais tout de suite, il n’y a pas de soucis. Ça sera avec plaisir puisque c’est quelques questions, et c’est assez court en plus.

Jean Pierre :

Oui, ça peut être très rapide.

Fabrice :

Après, ce n’est pas vraiment rencontrer, rencontrer, mais…

Jean Pierre :

Mais, tu as peut être rencontré d’autres aveugles.

Fabrice :

Oui, j’en ai vu. Mais, par contre, si tu veux me poser des questions exactement sur cette rencontre, c’est qu’à chaque fois je suis assez fugitif quand même. Mais pendant mes voyages, j’en ai rencontré plus en fait qu’en France finalement. Je pense finalement.

Jean Pierre :

Oui, je suppose.

Fabrice :

Voilà, ce qui n’est pas très étonnant finalement par rapport à ce que tu m’as dit avant.

Jean Pierre :

On y voit beaucoup plus dehors. Mais t’es pas obligé dans mon questionnement votre premier aveugle, il y a des gens qui m’ont répondu qu’ils n’ont jamais eu de rapports directes avec des aveugles, qui en ont simplement vus dans la rue et ce que ça a provoqué en eux la première fois, tu vois ?

Fabrice :

Avec plaisir. On en reparle après l’interview.

Jean Pierre :

Oui.

Fabrice :

D’ailleurs, là il faudra bientôt qu’on termine l’interview, il y a déjà 55 minutes qu’on parle, tu vois, on va battre le record du podcast.

Jean Pierre :

Je n’en reviens pas.

Fabrice :

Voilà, ça passe vite. Alors, peut être une dernière question. Si tu nous racontais un peu – je ne sais pas – une anecdote vraiment, je sais que t’en as plein sans doute. Mais, une anecdote parmi les plus mémorables ? Là, tu as tout de suite quelque chose qui te vient à l’esprit comme ça, une rencontre en voyage… En effet, c’est dur.

Jean Pierre :

Oui, c’est vraiment, il y a des milliers de choses qui me remontent là. C’est marrant, parce que là, ce qui me venait, mais je ne sais pas – est-ce que c’est une question par rapport à la cécité ou pas – parce que ce qui me venait c’était une histoire au Guatemala, un matin où je devais prendre un bus à 5heures du matin, je n’ai jamais pu me lever, je n’ai jamais pu me réveiller.

Pourtant, la femme avec qui je voyageais m’a secoué les épaules le matin pour me lever. Et je n’ai pas pu, je ne sais pas, c’était impossible. Et voilà, on a raté le bus et après on est parti en auto-stop sur les  9h du matin et au fait, pour trouver une espèce de bus collectif. Et on a découvert – je sais plus – 15, 20 kilomètres plus loin sur la route qu’on devait emprunter avec l’unique bus de la journée qui partait trop tôt le matin pour moi, qu’il était quelques dizaines de mètres plus bas dans le ravin.

Ça ce n’est pas vraiment une anecdote spécifique au fait d’être aveugle mais c’est quelque chose qui m’a quand même profondément marquée.

Fabrice :

Ah oui, j’imagine.

Jean Pierre :

Donc, c’est pour ça que je parlais de ravin tout à l’heure, parce que j’ai toujours un peu des appréhensions, ça me renvoie toujours à cette image première.

Fabrice :

Ouais, là tu t’es dit …

Jean Pierre :

Mais après l’anecdote strictement aveugle. Écoute dans le Guerrero au Golfe du Mexique, je fais de l’auto-stop avec une jeune fille de 17 ans, blonde. Donc, c’est important quand même au Mexique. Et à un moment donné, on est en auto-stop et les militaires nous tombent dessus. Enfin, ils viennent nous voir, il y a un camp de jeunes militaires armés jusqu’aux dents sur le bord de la route. Il y a justement une route déserte entre puerto et candido,  à l’époque, il n y avait rien du tout.

On peut dire le semi-désert la route et puis, il y a la plage. Et là, la nuit va arriver bientot et ils veulent absolument, évidemment embarquer ma copine et c’est très clair que si elle n’accepte pas, ils la violeront et moi je suis complètement démuni, comment je vais la protéger, comment je vais faire. Et je veux die, je ne peux pas les laisser faire ça, il va falloir à un moment donné être violent.

Et ils nous ont embarqué dans un car et je dis « non, non non ! On continue au stop et tout. » Et il y a eu – c’était incroyable – j’étais affronté à mon impuissance de la défendre et surtout à mon impuissance aussi de la laisser se faire violer si s’en est arrivé là.

Donc, je ne sais pas du tout ce qui ce serait passé. Et il y a eu un truc complètement magique. Il y a eu une voiture qui s’est arrêtée. Il n y en avaient pas beaucoup de voitures qui passaient. Et il y a un type qui d’autorité devait être un type qui avait certainement des responsabilités dans le pays, en tous cas au niveau de l’État ou quelque chose, qui a engueulé les militaires qui a dû se présenter si rapidement. Ils ont compris qu’ils n’avaient rien à dire et il nous a pris en auto-stop et il nous a dit « Heureusement que je suis passé par là. »

Voilà, ça c’est une anecdote et là j’étais vraiment confronté au fait d’être aveugle et comment j’allais gérer cette situation là.

Fabrice :

Enfin, même si t’avais pas été aveugle, peut être que ça aurait été difficile aussi je pense.

Jean Pierre :

Oui, bien sûr. Non, mais là c’était doublement, comme je le disais « Comment je vais faire ? » Et je me disais « ils vont me balancer à la mer et puis voilà ». Probablement tu vois, parce qu’il pouvait y avoir beaucoup de violence.

Fabrice :

oui, là c’était chaud oui. C’était dans les années 70 ?

Jean Pierre :

Ça non, ça c’était au Mexique, au 79  je crois. Oui.

Fabrice :

Ouais, je pense que ça ne s’est pas mal amélioré quand même. Enfin, ça dépend où. [rire]

Jean Pierre :

Oui. Bon, je te raconte une anecdote comme ça. C’était celle qui me vient, tu vois ?

Fabrice :

Écoute, merci pour ces deux là, le point commun c’est que dans les deux cas, t’as eu de la chance.

Jean Pierre :

Oui, ça s’appelle la baraka, c’est en arabe. Et ouais, je pense que j’ai… Écoute, la baraka, j’ai un livre qui sort là dans un petit moi et je vais te raconter quelque chose à propos de ce livre qui va s’appeler « aller voir ailleurs » qui est publié chez point aventure. Et donc, c’est une publique des témoignages de voyageurs et d’aventuriers et c’est une édition qui est dirigée par mon camarade Patrice Franceschi, lui-même un très grand voyageur. Et là justement j’ai une petite anecdote à te raconter qui est assez extraordinaire. Patrice en 74 il partait au Portugal avec un copain et il s’est fait arrêter c’était le 23 ou le 24 décembre en pleine brousse, en pleine compagne espagnole, il voit un type faire du stop.

Donc, il s’arrête et il se sent complètement médusé quand il découvre que ce type a une canne blanche et un sac à dos et qu’il vient vers eux avec une canne blanche.

Donc, là, ils le prennent et ils s’arrêtent à Madrid, ils passent la nuit dans une auberge ou je ne sais pas quoi. Et Patrice, qui a vraiment plus de 40 ans d’aventures invraisemblables dans le monde, a été extrêmement marqué par cette rencontre avec cet aveugle, il dit : «  j’ai passé une nuit incroyable à prêter mon regard à cette personne » et ils ont déambulé toute la nuit à boire des canons et à [raconter l’intérêt ?] de Madrid. Et il y a 2 ou 3 ans quand il a sorti son livre qui raconte ses 40 ans d’aventure qui s’appelle « La dernière ligne droite » il a dit s’il y a une chose qui m’a vraiment marqué, c’est cette rencontre avec cet aveugle et ça serait bien de le retrouver si c’était possible.

Et il est allé sur la toile et en fait, il est tombé sur mon blog et il a pensé que c’était moi, parce que bon, il ne se rappelait plus du nom. Évidemment il y a 40 ans et il m’a contacté, et je lui dis non ce n’est pas moi.

Moi, à cette époque là je faisais aussi de l’auto-stop mais en Turquie, donc, ce n’est pas moi. Et il n’a pas retrouvé l’autre aveugle et il m’a dit : « Si un jour, tu as l’idée d’écrire un petit peu, tu m’appelles parce que maintenant je suis directeur d’édition » – Donc, il est directeur d’éditions pour aventures – « Et je te publierai.»

Donc, voilà. Et il a tenu sa parole parce que Patrice et je peux en témoigner pour différentes raisons depuis que je suis en relation avec lui depuis quelques années, c’est un homme de parole.

Fabrice :

C’est une chouette histoire. D’ailleurs, ça me donne envie aussi de lire son livre. A l’occasion je le note quelque part.

Jean Pierre :

« La dernière ligne droite » oui. Je le recommande à tous les gens passionnés de vie intense, avec et ce n’est pas qu’un livre d’anecdote. C’est un livre aussi profondément je dirais de transformation humaine.

Fabrice :

D’accord. Très bien Jean Pierre. Donc, ton livre sort en Février. C’est ça ?

Jean Pierre :

C’est ça, le 04 oui.

Fabrice :

On le trouvera dans toutes les bonnes librairies. D’ailleurs, vous pouvez déjà le retrouver sur Internet sur Amazon et la Fnac notamment tu m’as dit.

Jean Pierre :

Oui.

Fabrice :

Donc, voilà, je mettrai le lien pareil dans l’article. Là, je suis assez impatient de le lire. Il sort en Février 2016. Ça c’est chouette de faire un projet comme ça qui se concrétise.

Jean Pierre :

Mais, tu vois c’est avec l’auto-stop quand même. Tu vois où ça amène l’auto-stop. Je veux dire cette rencontre avec Patrice, quelque part, c’est à travers l’auto-stop et je dois beaucoup à ma vie d’auto-stoppeur.

Fabrice :

Oui, c’est un multiplicateur de rencontres.

Jean Pierre :

C’est une très belle définition que tu as là Fabrice.

Fabrice :

Écoute Jean Pierre. Merci beaucoup d’avoir pris ce temps en direct d’Ardèche puisque Jean Pierre habite en partie en Ardèche. Il est un peu ardéchois d’adoption.

Jean Pierre :

Comme toi si j’ai bien compris.

Fabrice :

Ouais, je suis même né en Ardèche. Après, on s’en fout adoption ou pas, L’important c’est quand même l’Ardèche.

Jean Pierre :

Exactement, c’est un magnifique pays.

Fabrice :

Toi, t’es plus au sud, Moi, je suis plus du Nord,

Jean Pierre :

Oui. On se retrouvera peut être en Colombie ou en Éthiopie.

Fabrice :

Et bien oui, ou voire en Ardèche.

Jean Pierre :

Tu y passes de temps en temps ?

Fabrice :

Oui, j’y passe souvent l’été en tous cas en général.

Jean Pierre :

Et ben écoute. T’es le bienvenu, tu as mes coordonnées maintenant.

Fabrice :

Oui, ça sera avec plaisir, j’ai des amis là-bas

Jean Pierre :

Oui, c’est ça. Oui, oui. Ma porte est toujours ouverte à ceux qui la poussent quand j’y suis.

Fabrice :

Et bien, je ferai une tournée le prochain été.

Jean Pierre :

Avec bonheur.

Fabrice :

Merci bien. Bonne chance pour tes projets.

Jean Pierre :

Merci, à toi aussi.

Fabrice :

Puis, on se retrouve bientôt et merci. Bonne journée.

Jean Pierre :

Merci de votre écoute à tous. Bye-bye.

Faites tourner sur les réseaux !

Bilan et retour en arrière sur l’année 2015 !

Ha les bilans annuels, un des marronniers des blogs. Le dernier ici doit remonter à au moins deux ans. Allez, je vais m’y coller cette fois-ci !

IMG_1525

Voyages

L’année 2015 a été marqué notamment par deux destinations : l’Australie et la Zambie. Deux voyages de rêve, vraiment. Et deux rêves de fait sur ma bucket list.

Australie

J’ai pu en effet passer cinq semaines en Australie. Je me suis concentré sur le Queensland, l’une des meilleurs parties du continent rouge. Rien que dans cet Etat, vous avez de quoi faire. De superbes plages, des sites naturels grandioses, l’ivresse de l’outback…Bref, j’ai adoré.

J’ai aussi passé quelques jours à Sydney avant de terminer le voyage.

Sur la Gold Coast, j’ai eu la joie de retrouver un ami australien de longue date. Cela faisait 15 ans que l’on ne s’était pas vu ! Il n’a pas changé. Un plaisir ce genre de moment.

Voici quelques articles sur mon voyage en Australie ici et ici.

Sunset with a surfer : this is Australian #1770 #visitgladstone #thisisqueensland @queensland @Instag_app #travel #traveling #Instag_app #vacation #visiting #instatravel #instago #instagood #trip #holiday #photooftheday #fun #travelling #tourism #tourist #instapassport #instatraveling #mytravelgram #travelgram #travelingram #igtravel

Une photo publiée par Fabrice Dubesset (@instinct_voyageur) le 22 Juin 2015 à 1h31 PDT

Zambie

Dans un autre registre, la Zambie m’a fasciné.C’était la première fois pour moi que je voyageais dans cette région d’Afrique. Je connais assez bien l’Afrique de l’Ouest, mais là…Là, vous avez d’immenses parcs nationaux et cette faune si incroyable à observer.J’en suis revenu des images plein la tête et l’envie de retourner dans les pays voisins.

Watching the 8 last white rhinos of #zambia #explosliligo #zambie #wildlife #livingstone #wildlife #rhino #whiterhino #natureUne photo publiée par Fabrice Dubesset (@instinct_voyageur) le 30 Sept. 2015 à 5h32 PDT

Incredible ! A léopard eating on a tree! Very rare to see! #zambie #zambia #nature #wildlife #explosliligo

Une photo publiée par Fabrice Dubesset (@instinct_voyageur) le 24 Sept. 2015 à 11h33 PDT

  Cependant, outre d’autres voyages plus cours, j’ai moins voyagé que les années précédentes. Et cela pour deux raisons :

  • mon père a eu des problèmes de santé lorsque j’étais en Australie. J’ai dû ainsi écourter le voyage, zapper mon escale à Singapour pour rentrer en France.
  • un projet personnel m’a pris beaucoup de temps. Vraiment beaucoup.

  

Côté blogging

Le trafic a progressé, mais pas autant que je l’aurais voulu. Instinct Voyageur a vu passer 1,7 million de visiteurs en 2015.

L’année passée, j’ai moins publié, j’ai passé moins de temps sur les réseaux sociaux, en partie en raison de ce projet personnel évoqué plus haut.

Comme d’habitude, c’était toujours aussi chouette de rencontrer des lecteurs sur la route ou en France.

La palme du meilleur moment revient à ce jeune couple rencontré par hasard à Roissy alors que j’attendais mon vol pour la Zambie via Dubaï. M’ayant reconnu, ils sont venus me saluer. Ils prenaient le même avion pour le début d’un grand tour du monde ! Chouette moment !

Meeting some readers at the air port ! Waiting my fly to #zambiaUne photo publiée par Fabrice Dubesset (@instinct_voyageur) le 21 Sept. 2015 à 21h51 PDT

Voici une sélection d’articles qui ont marqué cette année 2015 :

Conseils pratiques :

18 gadgets voyage étonnants ! Et particuliers…

Billet tour du monde : tout ce qu’il faut savoir !

Acheter son billet d’avion au bon moment : la méthode en 2 étapes !

Préparer une randonnée en autonomie : guide matériel + check list !

Voyager au Japon pas cher ! C’est possible !

 

Réflexions :

Le plus grand obstacle à vos rêves : c’est vous !

Le voyage ralentit le temps : la preuve scientifique !

Bucket list : 40 envies pour mes 40 ans !

Comment voyager vous aide à rester jeune !

Il y a 324 pays dans le monde, et non 197 pays !

Pour voyager, je me prostitue : voici comment.

Moi, je fuis les Français en voyage !

Ce que 15 ans de voyage m’ont appris en 23 réflexions !

 

Récits

Une nuit avec Madonna dans une ferme de l’outback Australien

J’ai testé : survoler en hélicoptère les gorges de Carnarvon !

Visiter Tenerife : 8 raisons d’y aller !

Jaisalmer is magic !

La baie d’Along : ça cartonne alors ?

Visiter San José : que voir, que faire ?

 

Vivre à l’étranger

Vivre à l’étranger: un booster de vie ! La preuve par neuf !

Immigrer au Québec : 10 bonnes raisons pour y poser ses valises !

 

Le podcast

Le lancement de mon podcast voyage fut une des meilleures choses que j’ai faite en 2015. J’aime beaucoup ce média qui permet de rencontrer plus facilement quantité de gens intéressants.

Le podcast, c’est un peu comme un mini blog à l’intérieur du blog avec ces propres métriques et statistiques. C’est un autre univers, une autre façon de parler voyage en intervenants des voyageurs et des acteurs du secteur.

J’y prends beaucoup de plaisir et j’espère bien le développer et vous surprendre bientôt avec des invités inattendus.

Voici une sélection d’épisodes de cette première saison :

IVCAST20 : ouvrir un restaurant à l’étranger. L’expérience de Benoît.

IVCAST 18 : Stewardess, le métier de rêve d’Estelle pour voyager !

IVCAST 17 : Avec Eric Lange, « Le sauveteur de touristes »

IVCAST 14 : Créer une start up dans le voyage : l’exemple d’Anne-Laure !

IVCAST 11 : Un tour du monde en voilier, deux ans avec 10 000 € pour 2 !

IVCAST 6 : Peur de l’avion ? La solution : regarder la série « Air Crash » !

IVCAST 5 : Ouvrir un hôtel pour backpackers, avec Julien du Slo Living Hostel

IVCAST 3 : Journaliste voyage, un metier de rêve ? Avec Julien Vitry du Lonely Planet Magazine

Et voici le dernier épisode :

Les guides pour voyager plus

J’ai aussi publié un nouveau guide : le Kit Passeport Grand Voyageur. Il m’a demandé beaucoup de boulot, forcément, il est composé de 3 guides ! Sans parler des interviews.

C’est Le guide pour préparer et réussir un long voyage. Ou un tour du monde.

J’ai publié aussi le guide « Vivre au Québec : 10 étapes pour changer de vie ». Ce guide a été écrit par Julien, un ami qui habitent le Canada depuis des années.

Currency Advisor

J’ai mis au point cet outil unique pour vous aider à voyager toujours plus.

Sur cette page, vous aurez une vision claire des destinations du moment où vous pouvez profiter d’un cours de change bas. Les cours de change évoluent vous le savez.

Tout est expliqué sur la page ici.

BANNER-SEPT-16-Currency-Advisor1

Renouveau

En 2016, je devrais être plus actif. L’année s’annonce riche avec des multiples projets d’envergure, déjà.

Instinct Voyageur reste mon bébé. Je l’ai crée en partant de rien. J’ai tout appris sur le tas et je reste seul à la barre.

Mais après près de 6 ans dans le domaine du blogging voyage, j’éprouve une lassitude, non pas sur cette activité que j’adore (ni le fait d’être indépendant,bien au contraire), non, c’est plus sur la forme et également, dans une moindre mesure le fond.

J’ai besoin de renouveau et d’explorer d’autres chemins. J’ai envie de parler d’autres thématiques connexes. Envie de prendre des risques et d’aller vers l’inconnu, vers d’autres secteurs que je maitrise moins.

Dans ce nouveau projet, que je vois comme une suite logique et un complément à IV, le voyage sera toujours là bien présent, mais plutôt en toile de fond. Bon, mais je vous en parle quand la chose sera plus avancée, d’ici quelques mois.

Encore une fois, bonne année 2016 à tous !

Faites tourner sur les réseaux !

IVCAST20 : ouvrir un restaurant à l’étranger. L’expérience de Benoît.

Bienvenue. Rejoins le programme Voyager Plus !

Mes 10 solutions pour réaliser tes rêves de voyage + des ressources, des réductions et le Manifeste du Voyageur (mon livre gratuit) ! » Télécharge le tout en cliquant ici.

Benoît a ouvert un restaurant français à l’étranger l’année passée. C’était en Colombie.  Il nous dit tout sur cette expérience. Si vous y avez déjà pensé, ses conseils devraient être précieux !

ouvrir un resto français

Ecouter cet épisode :

1.Tout de suite sur le blog avec le lecteur ci-dessous :

2. Ecouter cet épisode et les prochains sur la plateforme iTunes en t’abonnant au podcast sur iTunes.

Pour une écoute sur les smartphones et les tablettes Apple, utilises une application comme Stitcher ou Podcasts.

3. Ecouter cet épisode et les prochains sur les smartphones et tablettes Android grâce à une application comme Stitcher ou Podcast Addict. Ajoute le flux du podcast dans ta play list. Ou cherche Instinct Voyageur !

4. Ou télécharger le podcast en mp3 (clic droit-enregistrer sous ) 

– S’abonner au flux RSS du podcast.

 

Un podcast c’est quoi ? Comment écouter l’écouter ?

Tout est expliqué ici !

A propos de cet épisode :

J’ai rencontré Benoît en allant manger pour la première fois dans son restaurant à Bucaramanga. Il venait juste d’ouvrir, débarquant de Paris.

Benoît est manager de café de métier, il connaît donc bien le milieu de la restauration.

Son restaurant s’appelait d’ailleurs « Le Bistrot ». J’emploie le passé car le restaurant est aujourd’hui fermé.

Je l’ai revu à nouveau il y a quelques jours à Bucaramanga. De passage pour des vacances, il compte bien revenir ouvrir un nouveau commerce. Oui, il est tombé amoureux du coin.

Dans ce podcast, Benoît revient sur son expérience et il nous explique ce qu’il ne ferait pas à nouveau. Il donne aussi des conseils avisés pour ceux qui veulent tenter l’expérience.

Ouvrir un restaurant à l’étrange est en effet une idée qui revient souvent parmi ceux qui souhaitent tenter l’aventure à l’étranger.

10288793_1424455081153113_280923577636697330_n

Mots clefs du podcast:

Vivre à l’étranger – S’expatrier – Colombie – Monter un business.

Ce que vous allez découvrir dans cet épisode :

– Pourquoi Benoît a choisir la Colombie et Bucaramanga

– Comment il a fait pour trouver cette opportunité

– Le type de visa qu’il faut pour investir ici.

– Ce qu’il ferait différemment s’il devait recommencer

– Le problème de la gestion du personnel : le gros point noir.

– Pourquoi ouvrir un restaurant français ne marche pas nécessairement partout.

– Le capital nécessaire pour ouvrir un restaurant à l’étranger

– Ses conseils pour bien démarrer

– Son futur projet et pourquoi il revient.


Merci d’avoir écouté !

Vous souhaitez écouter les prochains podcasts du blog ?

Pour cela, il suffit de souscrire au podcast sur Itunes.

Si sous avez aimé ce podcast, je vous serais vraiment reconnaissant si vous pouviez laisser un commentaire sur iTunes. 

Les avis sur iTunes sont très importants pour avoir de la visibilité et donc, que ce projet de podcast continue dans la durée. Merci !

Les autres épisodes du podcast voyage ici.

Vous avez une question ?

Posez-moi une question de vive voix pour un prochain IVCAST !

1890621_1420187714913183_5261090911442215228_o

Transcription texte :

Fabrice :

Bonjour à tous. Bienvenus sur le podcast du blog «www.instinct-voyageur.». Alors, aujourd’hui, je suis en Colombie. Je suis à la terrasse de mon café Bucaramanga. J’ai en face de moi Benoît. Bonjour Benoît.

Benoit :

Bonjour.

Fabrice :  

Alors, Benoit, je l’ai rencontré l’année passée en 2014 et il venait d’ouvrir un restaurant à Bucaramanga, un restaurant bar et donc je trouvais intéressant de connaître un peu son expérience, de lui poser des questions sur son expérience sur ce genre de business à l’étranger, comment monter ce genre de business, un restaurant ou un bar.

Alors, on va plutôt parler là d’un restaurant, dans la restauration. Voilà, comment ça se passe. Un peu son retour d’expérience. Alors, la première question Benoit, c’est comment t’es arrivé à Bucaramanga. Pourquoi tu as monté ce business ici ?

Benoit :

En vacances, j’avais déjà visité la Colombie plusieurs fois. Je cherchais un bar, un restaurant à acheter en Colombie. Par les petites annonces, j’ai trouvé Bucaramanga.

Fabrice :      

D’accord. C’est un peu par hasard alors.

Benoit :

Oui, c’est un peu par hasard. Oui.

Fabrice :   

Et donc, quand tu es arrivé, tu t’es associé avec un couple colombien que tu connaissais déjà en France ?

Benoit :

Oui, ils ont vécu 14 ans en France. Et ils ont décidé de revenir vivre en Colombie pour se rapprocher de la famille. Donc, j’ai profité d’une visite ici à Bucaramanga et voilà.

Fabrice :  

Dans ta tête, tu t’es dit il faut que je m’associe avec eux parce que tu aurais pu aussi essayer de faire un truc… Enfin, venir par toi-même, mais c’était un peu une étape obligée de s’associer avec eux.

Benoit :

Oui, je pensais que c’était aussi une bonne solution de s’associer avec des gens d’ici pour aider pour la culture, tout ça, pour essayer de les rencontrer pour négocier aussi pour l’achat du restaurant. Donc, tout ça, ça se fait, ce n’est pas très facile. Donc, ça me paraissait bien de connaître des gens qui connaissaient justement le système.

Fabrice :

Oui, c’est clair que c’est un avantage. En plus, tu les connaissais assez bien. Donc, voilà naturellement. Oui, tu leur as proposé de t’associer dans ce restaurant. Et au début, tu voulais ouvrir un restaurant c’était…

Benoit :

Un bar-bistrot comme à Paris, comme en France. Un truc familial, convivial avec un comptoir, un peu pour donner cette culture de l’apéro et de la convivialité.

Fabrice :

Mais, là, c’est plus un restaurant qu’un bar.

Benoit :

Là, oui. C’était plus un restaurant avec les grillades. C’était plus un restaurant si si.

Alors, comment ça s’est passé concrètement ? Tu es venu à Bucaramanga. Donc, quand tu m’as dit que tu avais trouvé ce plan, ce bar qui se vendait donc, à l’époque, je me rappelle. J’avais rencontré un propriétaire espagnol et un colombien. Voilà. Je m’en rappelle. Avant ça s’appelait la Fakultad. Donc, tu as trouvé ça sur Internet tout simplement. Tu as contacté les gars et donc vous avez commencé à négocier le prix.

Benoit :

Oui, on a visité une première fois avec le propriétaire. On a commencé à demander, à se renseigner par rapport au prix, par rapport à ce qui se faisait, pourquoi ils le vendaient. Après, on a réfléchi du prix, on a une deuxième visite où on a commencé à donner notre prix à nous. Il faut pas mal négocier quand même, essayer de faire baisser le prix. On arrive à un accord et ça s’effectue très rapidement en quelques jours.

Fabrice :   

Donc, à combien tu l’as acheté alors la surface. Enfin, ce n’est pas un appartement mais…

Benoit :

C’était 50 millions pesos.

Fabrice :  

D’accord. Bon en ce moment, l’euro n’a pas mal monté. Donc, ça fait…

Benoit :

15000 euros.

Fabrice :

15000 euros ?

Benoit :

Oui.

Fabrice :

D’accord. Ce qui est un bon prix pour la surface ?

Benoit :

La surface oui, ça paraissait un très bon prix.

Fabrice :

Oui, parce que c’est assez grand, il y avait…

Benoit :

Il y avait 80 terrasses et une quinzaine à l’intérieur. Mais, bon, comme il fait tout le temps beau, c’est …

Fabrice :  

D’accord et donc à partir de ce moment là, vous vous êtes entendu sur le prix. Toi tu es venu avec un visa touriste. Donc, tu ne peux pas acheter un truc normalement avec un visa touriste ?

Benoit :

Il faut investir. Après, une fois que tu as investi, après tu as le visa pour résider deux ans en France.

Fabrice :  

D’accord. Donc, ce qu’il faut faire c’est que tu achètes le bar avec tes associés et là tu fais une demande pour changer ton visa ?

Benoit :

Oui, voilà. Une fois que les papiers sont montés, que la société est montée, que le capital est présent. Donc, il faut 10 fois, c’est un capital de 100 fois le salaire minimum, donc, ça représente 62 millions de pesos. Donc, on a monté le capital à 90 millions de pesos avec tous les documents, il faut aller à l’ambassade au ministère des relations extérieures et là avec tous les documents, ils font le visa. Voilà.

ouvrir un resto

Fabrice :

Donc, en fait, il faut d’abord que tu trouves l’affaire, que tu investisses et après changer le visa, ce n’est pas le contraire.

Benoit :

Il faut prouver qu’on a investi de l’argent. Une fois qu’on a investi, on a le visa.

Fabrice : 

Ça c’est automatique quoi.

Benoit :

Voilà, une fois que le montant, le capital est officiel et que le montant est passé, les 62 millions de pesos, il n y a aucun problème pour avoir le visa.

Fabrice :  

Et ça, ça s’appelle un visa business. C’était le TP2 je crois. Oui. Visa d’investisseurs et voilà.

Benoit :

Par contre, le seul truc c’était juste que je pouvais travailler dans mon bar, dans mon restaurant. Je ne pouvais pas travailler en dehors, je ne peux pas avoir un autre travail.

Fabrice :    

Ah oui d’accord. Parce que je crois qu’il y a plusieurs visas, non ? Il y a le visa business, il y a…

Benoit :

Il y a une dizaine de visas oui, entre les gérants, les investisseurs, demain je peux acheter un appartement ici à 90 millions de pesos et j’aurais mon visa parce que j’ai investi des sous ici.

Fabrice :  

D’accord et ça sera un visa business, le même visa ?

Benoit :

Après la différence c’est que je peux travailler.

Fabrice :

D’accord intéressant oui. C’est vrai qu’il y en a pas mal qui achètent des apparts qui – ça leur permet parfois c’est même le but d’obtenir…Enfin, c’est un investissement et ça permet en même temps d’obtenir le visa. Et le visa c’est combien d’années ? Il est renouvelable ?

Benoit :

Le temps que l’investissement est présent sur le pays. Donc, tu peux investir pendant 10 ans et tu auras le visa pendant 10 ans.

Fabrice :    

D’accord. Mais, tu dois quand même faire une démarche pour le renouveler chaque année ?

Benoit :

Chaque année oui.

Fabrice : 

Ok. C’était compliqué les paperasses à faire tout ça ?

Benoit :

Non, parce que une fois que la chambre de commerce, il y a la mairie, la chambre de commerce pour s’enregistrer. Bon, après si on a un comptable. Le comptable il fait tout ça. Là, aussi le fait d’avoir des associés colombiens, c’est plus facile parce qu’il connait ces papiers et tout et puis, ils traduisent bien surtout. Et puis, après voilà chambre de commerce, la mairie, le passeport. Et puis, il faut aller à Bogota. Et en une demi-journée, c’est fait.

Fabrice :       

Alors, là, c’est quand même obligatoire d’aller à Bogota pour le visa ?

Benoit :

Oui, il faut aller à Bogota.

Fabrice :  

Donc, toi tu as trouvé ça assez simple ?

Benoit :

Oui, du moment qu’il y a tous les papiers oui.

Fabrice : 

Oui, parce que la réputation de la Colombie, la paperasse tout ça.

Benoit :

Oui mais après, il y a la page internet donc il faut téléphoner aussi, ce n’est pas facile non plus parce que souvent les personnes, elles changent un peu les versions, mais une fois que tous les papiers sont réunis, c’est en une demi-journée c’est fait. Après, le plus dur c’est de savoir les papiers nécessaires.

Fabrice :  

Ok. Et tu dois payer des taxes, des choses ?

Benoit :

Je crois qu’il y a 90 millions de pesos à payer pour l’entretien. Et puis, après je crois que c’était 200, l’équivalent de 200 euros, il me semble, de mémoire.

Fabrice : 

D’accord, bon comme quoi, ça peut être simple en Colombie, si tu as tous les papiers voilà parce que parfois en effet c’est assez compliqué. Ok, donc, ça tu as le visa, le visa business.

Benoit :

Avant d’avoir le visa, j’ai fait les démarches pour avoir le bar. On a ouvert le bar et une fois qu’on a fini les papiers avec les déclarations et tout ça, c’était deux ou trois mois après.

Fabrice :    

Donc, ça a pris 2 mois quand même les papiers ?

Benoit :

Oui le temps de l’ouverture du bar, il fallait trouver un petit créneau parce que il faut être présent tous les jours au bar, donc, ce n’était pas facile, on se libérait un petit peu et puis voilà.

Fabrice :  

D’accord. Alors, ce restaurant comment il s’appelait déjà ?

Benoit :

Le bistro.

Fabrice :  

Le bistro et c’était sympa parce que ce n’était pas très loin d’où j’habitais à l’époque. Donc, à un moment, j’étais avec un ami à Kalagan là, on venait presque tous les midis et là, c’était bien sympa, on retrouve un peu la cuisine française, mouse au chocolat. Je me rappelle, le mouse au chocolat, ça faisait plaisir. Donc, on en prenait à chaque fois c’était sympa. Donc, voilà, c’était vraiment sympa, en plus ce n’était pas très cher, c’était 8000.

Benoit :

Oui, c’est ça. 8000 pesos le déjeuner.

Fabrice :   

Ça fait quoi ? 3 euros en ce moment.

Benoit :

3 euros.

Fabrice :

Ce n’est vraiment pas cher et il y avait une entrée plat et dessert, c’est ça ?

Benoit :

C’est ça.

Fabrice :      

Donc, c’était un endroit sympa. Donc, ça tu as ouvert ça en avril 2014 ?

Benoit :

On a ouvert je crois que c’était le 23 avril.

Fabrice :

D’accord. Donc, il y a eu pas mal de monde, enfin, il y avait régulièrement assez de monde.

Benoit :

Le midi oui. C’était pratiquement plein. Une bonne cinquantaine de couverts le midi. Et après le soir, c’était différent. C’était plus difficile le soir. Comme on habite une zone résidentielle et en plus avec l’historique du bar où ça n’a pas très bien passé avant. Donc, les gens ils étaient un peu plus réticents à venir le soir.

Fabrice :   

C’est-à-dire qu’avant il y avait un mauvais service.

Benoit :

Mauvaise réputation. Il y eu le bordel. Donc, les gens ils ne se plaignaient pas mal du bruit. Donc, on ne peut pas mettre de la musique. Donc, ça, ça nous a un peu desservis. Puis, on est tombé par la coupe du monde de football aussi.

Fabrice :     

Mais, ce qui est bien normalement justement pour le business, les matchs de foot.

Benoit :

C’est bien pour les deux premières parties de Colombie. Après, c’était moins bien parce qu’il y a eu interdiction de vendre de l’alcool pendant les parties, pendant toute la nuit après le match.

Fabrice :    

Ah oui d’accord.

Benoit :

Ça c’était un peu plus compliqué.

Fabrice :    

Ah oui en effet d’accord. Et donc, le bar, enfin, le restaurant, le bistrot tu l’as ouvert jusqu’en novembre ?

Benoit :

Jusqu’à novembre oui.

Fabrice :  

Et là donc, tu es parti. Tu l’as vendu parce que …. Pourquoi en fait ?

Benoit :

Ça ne marchait pas aussi bien que je l’espérais donc voilà, il a fallu vendre le bar et voilà je suis rentré en France.

Fabrice :   

Oui, mais parce que tu étais en déficit ou tu ne gagnais pas assez ?

Benoit :

Je ne gagnais pas assez. On s’est aussi trompé malheureusement sur quelques choix. Donc, il a fallu arrêter.

Fabrice :

D’accord et avec le recul, qu’est ce que tu referais différemment alors ? Si là, tu revenais en arrière et tout ça ?

Benoit :

Le même bar, là, c’est difficile à dire puisque maintenant je sais beaucoup sur les problèmes, sur la mentalité et tout ça. Donc, oui je ferai plein de choses différemment, et voilà pour trouver le bon créneau, puisqu’au début, j’étais parti sur un bistrot français et tout ça.

Mais après, voilà, ici c’est quand même une ville traditionnelle. Donc il faut vendre des produits que les gens connaissent et peut être petit à petit mettre quelques plats français et voilà, mais pas faire une carte française dès le début et voilà puisque j’ai changé quelques mois après puisque j’avais fait le midi, c’était soit un plat français, soit un plat colombien. Donc, les gens pouvaient choisir.

Fabrice :     

En effet, c’était très français, peut être trop français parce que pour restituer, là on est à Santander. Et Santander, c’est une des régions sans doute les plus traditionnelles de Colombie. Enfin, c’est la réputation du moins. Et il y a peu de gens qui sont partis à l’étranger, etc.

Il y a peu d’expatriés. Bucaramanga, c’est une ville où il y a très peu d’expatriés, peu de touristes aussi et donc, c’est vrai que les gens ils ne sont pas forcément free en nouveauté pour connaître les gens d’ici voilà. Ce n’est pas de gros aventureux, enfin ils aiment bien écouter la même musique, manger la même chose et c’est vrai qu’un restaurant français, il y a des personnes qui viennent pour essayer quand même par curiosité.

Benoit :

Bien sûr.

Fabrice :   

Mais, voilà en fait, ils ne vont pas forcément venir très souvent plusieurs jours dans la semaine, c’est un peu comme nous je pense quand on va au restaurant chinois, on ne va pas y aller tous les jours de la semaine, même si on trouve ça bon, même si on aime, etc. C’est que voilà, tout le monde est attaché un peu à sa nourriture, etc.

Et du coup, les gens aussi ne sont pas très curieux. Je me rappelle, il y a une boulangerie ici et je me rappelle d’un gars qui était rentré dans la boulangerie. Il regarde pendant 5 à 10 minutes le pain, il demande des informations, etc sur les plats français. Et le mec, il ressort sans rien acheter. Tu vois ? C’est quand même étonnant tu vois, c’est quelque chose, enfin moi je ne ferai jamais. Mais, ici voilà, les gens ils sont…

Benoit :

Si c’est français, alors ça va être cher. Alors, qu’on n’était pas cher. Mais les gens sans vouloir savoir combien ça coûte et tout ça. L’image tout de suite, c’est le luxe.

Fabrice :   

Ah tu crois qu’il y en a qui ne rentraient même pas parce qu’ils savaient que c’était cher et tout ça.

Benoit :

Après, on a dû mettre une carte dehors en disant c’est tel prix, c’est 8000 pesos, ce n’est pas si cher que ça. Et en même temps, ça peut desservir parce qu’une clientèle qui ne va pas compter pour payer un plat va voir ces tarifs là de 8000 pesos, 10000 pesos, bon c’est peut être pas assez cher, peut être ce n’est pas bon. Ce n’était pas facile à gérer ça.

Fabrice :  

Est-ce qu’il n y avait pas aussi un truc sur la quantité, pour moi c’était assez, mais j’ai l’impression que les colombiers mangent des plats copieux.

Benoit :

Oui, c’est beaucoup et souvent c’est tous la même chose, le riz c’est consistent, il y a beaucoup de choses avec du poulet, des soupes, donc, il faut que ça soit aussi gros. Ils aiment bien quand même quand il y a de gros hamburgers.

Fabrice :    

Donc, tu as commencé un peu à mixer la carte, à mettre un peu des trucs un peu colombiens ça marchait mieux ?

Benoit :

Oui, ça marchait mieux. Déjà le midi ça marchait mieux au fur et à mesure. Après le soir, c’est les hamburgers, les croque-monsieur parce que je faisais les croquemonsieurs. Mais bon comme c’est du pain, du jambon, du fromage, là-dessus, ils aiment bien, des clubs sandwichs. Donc, je me rappelle que j’avais mis le bœuf bourguignon à la carte, j’avais fait des tartares au saumon et ça, ça ne prenait pas trop parce qu’ils ne savaient pas ce que c’était même si on leur expliquait, ce n’était pas… ça paraissait un peu bizarre. Donc, une fois de temps en temps, ça marchait. Mais pas tous les jours.

Fabrice :    

Et tout ça, ça n’était pas suffisant encore ?

Benoit :

Non, ça n’a pas été suffisant.

Fabrice :     

Parce que moi je me rappelle un lecteur qui m’avait envoyé un mail, il me disait oui, j’aimerais monter un resto en France, à Cúcuta. Alors, Cúcuta, je me disais, je l’ai un peu découragé je pense puisque je me disais : « Ok, alors à Bucaramanga, c’est un peu galère. Donc, Cúcuta qui est encore plus traditionnel, encore plus petit, il n y a quasiment aucun. Tu vois ce que je veux dire, je ne vois pas comment ça pourrait marcher à la limite, si ça ne marche pas ici.

Benoit :

Là, ça me parait très compliqué après, je pense qu’il faut connaître les gens du quartier, les gens un peu petit à petit et peut être sympathiser avec eux, faire beaucoup de relationnel. Et le problème c’est que comme j’étais en cuisine, je ne pouvais pas faire le relationnel. Ici, les colombiens, ils aiment beaucoup le relationnel justement.

Ils aiment bien qu’on s’assoit avec eux, qu’on discute, qu’on parle un peu de tout et si on n’a pas le temps de faire ça, ils reviennent moins, même si la cuisine puisque c’est difficile de trouver du personnel qui va savoir cuisiner comme nous on fait en France. Après, il y a le service aussi qui est compliqué. Ce n’est pas professionnel. Tout ça fait qu’après j’avais du mal à me situer parce qu’il faut être en salle pour optimiser le service ou en cuisine pour que ça soit comme je veux. Ça c’est un peu des deux, c’est compliqué.

Fabrice :

Mais, le fait que t’es français, ça t’a quand même aidé ?

Benoit :

Bien sûr oui, les gens ils aiment bien. Ici, je pense qu’on est quand même bien vus. Les colombiens aiment bien les français. Donc, ça, ça aidait.

Fabrice :   

Et je me souviens, t’avais un peu des problèmes avec les serveurs, gérer le personnel. Ce que je comprends parce que je connais bien le problème aussi. Avec le café ce n’est pas facile. Et toi tu avais plutôt je me rappelle bien, oui tu avais plutôt la tendance à être assez stricte avec eux, ce que moi je suis d’accord tu vois. Mais, c’est vrai que quand tu parles aux colombiens. Enfin, moi, j’ai les associés du bar qui sont colombiens, ils me trouvent trop dur. Alors, que moi, eux je les trouve trop cools, tu vois ? Et c’est un peu la culture colombienne, je ne sais pas – enfin j’ai l’impression, c’est la culture colombienne et je les trouve trop cools.

Benoit :

Il y a des manières de parler je pense aussi. Même quand on doit « engueuler » quelqu’un pour dire ce n’est pas bien et tout ça, il faut mettre la forme tout le temps et puis, il ne faut surtout pas hausser la voix, c’est très compliqué. Même si on venait d’un autre endroit, il faut être ponctuel, il faut arriver à telle heure et tout ça, ce n’est pas grave. Eux, ils sont en retard, ce n’est pas grave. Une heure de retard, c’est normal.

Fabrice : 

Même si tu es stricte, ça ne marche pas en fait.

Benoit :

Je ne sais pas, même avec le recul, ça me paraît, même en mettant les choses au clair dès le début en disant voilà, moi je veux que vous soyez comme ça, comme ça et comme ça. Et bien petit à petit ça disparaît puis on me dit voilà, il ne faut pas me parler comme ça parce que c’est trop dur, il ne faut pas me parler comme ça parce que ce n’est pas poli. Ah bon ? Et on parle comment alors ? C’est ça qui est compliqué.

Fabrice :   

C’est difficile de trouver le bon équilibre.

Benoit :

Il ne faut pas copiner, ile ne faut pas trop « se faire manger ». Après, il ne faut pas être trop dur non plus, parce que sinon, on passe pour un esclavagiste.

Fabrice :     

Oui, mais j’allais dire à la limite, il vaut mieux pas être trop dur que pas assez.

Benoit :

De mon point de vue, comme à Paris, je travaillais justement à Paris dans les restaurants et dans les bars, ça marche comme ça, il faut être dur, mais pas sévère non plus. Mais voilà, il faut que les choses se fassent dans la bonne humeur et tout ça. Il faut que ça se passe bien et si ça ne se passe pas bien, il faut dire voilà, ce n’est pas bon, ce n’est pas bon, on travaille comme ça et puis, c’est tout, il n y a pas d’autres façons de travailler.

Et le fait ici que ça ne soit pas un métier non plus reconnu : serveur, serveuse, barman, c’est les étudiants qui font ça ou justement c’est les personnes qui sont un peu défavorisées, qui ne gagnent pas beaucoup d’argent, ce n’est pas reconnu. Donc, ils vont gagner le salaire minimum. Donc, on ne peut pas espérer un service comme nous on va avoir en France. A Paris, c’est quand même des serveurs professionnels qui gagnent bien leur vie, qui gagnent des pourboires.

Ici, ils gagnent le salaire minimum, c’est 700000 pesos ou 100000 pesos. Donc, on ne peut pas exiger du serveur le même service que nous à Paris.

Fabrice :    

Oui, parce qu’ici la difficulté c’est que non seulement les serveurs peuvent être en retard, voilà la qualité du service, etc. Mais, en plus, ils ont tendance un peu à servir dans la caisse parfois ou comme tu disais, tu me racontais à boire plein de soda. Donc, coca-cola comme ça, voilà t’en bois 3 ou 4 serveurs tous les jours, mine de rien, ou alors en effet, détourner un peu de l’argent, etc.

Benoit :

Voilà, c’est qu’en fait, ce n’est pas qu’on ne peut pas faire confiance. Mais je pense qu’il faut faire confiance au bout de quelques mois ou même quelques années, on ne peut pas dire, voilà, je vais m’absenter une heure, tu me surveilles le bar ou le restaurant et je reviens. Non, il faut être présent au début tout le temps.

Fabrice :  

Oui, je suis d’accord. Je me souviens d’un lecteur qui m’avait écrit, il voulait aller à Medellin, acheter un bar, bon le tout en l’espace d’un mois et le mettre en gestion à quelqu’un. Et j’ai dit : « Mais non, t’es ouf, arrête ton délire ».

Benoit :

Déjà connaissant le métier en France, c’est compliqué de faire ça. Alors dans un pays comme ça, c’est encore plus compliqué, même si on a des caméras de sécurité, qu’on surveille les employés ou qu’on fait ce qu’on veut, voilà, il faut être présent, il faut apporter, pas le savoir faire mais bon. Voilà, il faut être présent, il faut être là dans le bar, il faut surveiller, il ne faut rien laisser passer.

Fabrice :

Il faut être tout le temps présent parce qu’en effet, tu ne peux pas faire confiance forcément.

Benoit :

Soit c’est – à mon avis – des gens qui ont investi beaucoup d’argent, qui ont mis des managers et que les managers doivent être payés beaucoup plus. Donc, eux, ils se permettent d’être un peu plus durs et surveillent bien en espérant qu’ils ne se prennent pas dans la caisse. Mais, si c’est un petit bistrot comme nous, il faut être là, il faut surveiller.

Fabrice :               

Non, c’est vraiment difficile. Mais, moi justement pour avoir discuter avec quelqu’un à Paris ou si avec toi en fait, je me suis aperçu en effet avec un peu de surprise qu’en France aussi, c’est assez commun.

Benoit :

Bien sûr, après, c’est vrai que je n’ai travaillé qu’à Paris. En plus, c’est un métier quand même où on se permet de gagner de l’argent même sans diplômes, même ça permet d’avoir un bon salaire. Mais, c’est pareil, c’est exactement pareil : Il faut surveiller la caisse, il faut – avec tous les problèmes – les mecs qui picolent, ce n’est quand même pas un métier facile.

Fabrice :   

Attends, attends, tu m’as raconté une anecdote là. Je sais que ça ne se fait plus mais avec les vieux garçons de café-là, avec le café.

Benoit :

Pour voler un café, pour gagner juste 2.50 ou peut être 2 euros à l’époque, pour ne pas taper le café à l’ordinateur ou pour ne pas passer devant le café avec le barman pour le vendre, il préférait le boire, se brûler la bouche et recracher le café sur la tasse après pour le vendre au client.

Fabrice :  

Ah c’est quand même fou cette histoire.

Benoit :

Ça ne doit pas se faire beaucoup maintenant, mais oui quand j’ai commencé il y a 15 ans, oui oui.

Fabrice :  

Tu n’aurais pas dû me le dire parce que maintenant, je vais regarder les garçons de café maintenant à Paris différemment.

Benoit :

Oui, ils ont une mauvaise réputation à Paris, le garçon de café.

Fabrice :  

Ah oui, tu trouves ?

Benoit :

Ah oui, très mauvaise réputation. Peut être que ça s’est mélangé depuis 10 ans. Mais avant justement, dans tous les guides touristiques, c’était : « Il faut faire attention aux garçons de café. Il vous impose des consommations, il vous impose ci. Ils ne sont pas payés au service. » Ils arrivaient devant les clients en disant, non le pourboire n’est pas compris. Comme aux États-Unis, ça se fait beaucoup justement qu’ils payent au service, les américains disent maintenant, on vous donne du 30% d’addition ou 20%. 20% en général alors qu’ils sont payés au service, voilà.

ouvrir un resto à l'étrangerouvrir un resto à l'étranger

Lors de la coupe du monde 2014

Fabrice : 

Ils sont bien payés !

Benoit :

Ah oui, ils sont bien payés, très bien payés, mais bon ils en voulaient tout le temps plus.

Fabrice :  

D’accord, parce que je ne vous ai pas dit au début et que j’aurais dû le dire c’est que Benoit est du métier quand même. Il est gérant depuis plusieurs années, tu as géré plusieurs cafés, bars.

Benoit :

J’ai eu deux bars à Paris, et ça fait 6 ans que je suis dans le même bar, pas loin de la Tour Eiffel comme gérant.

Fabrice :

Quand tu es arrivé ici, voilà tu avais de l’expérience, tu connaissais le métier et pourtant on voyait que ce n’est pas forcément un gage, c’est plus compliqué que ça.

Benoit :

Non, après les bases sont les mêmes, c’est la présence au boulot, c’est être présent dans son café et travailler, faire le métier de serveur, lé métier de cuisinier, plongeur, faire un peu tout. Mais, après je ne m’attendais pas à trouver autant de problèmes avec les employés ici.

Fabrice :     

C’était surtout ça le grand problème.

Benoit :

Oui, je pense que c’était dur à gérer, c’est super dur à gérer entre la ponctualité, les vêtements en travail, le sérieux, le téléphone portable.

Fabrice :    

Oui le sérieux et la ponctualité c’est vraiment différent. Moi, j’ai travaillé souvent avec des graphistes ici. Mais pour trouver quelqu’un de sérieux, ça était vraiment galère, j’ai vu des trucs de fou, du genre, le gars, il me dit non avec moi, tu ne seras jamais en retard puisque j’ai essayé de mettre les choses au clair dès le début.

Et le gars, il zappe le rendez-vous, il ne vient même pas, il ne m’appelle même pas. Enfin, des trucs assez hallucinants. Et là, j’ai trouvé depuis quelques années une personne sérieuse. Mais, c’est une personne qui a l’habitude déjà de travailler avec des étrangers. C’est ça la différence ici si tu veux un personnel un minimum sérieux, il faut essayer de trouver quelqu’un qui a déjà travaillé à l’étranger ou avec des étrangers, ce qui n’est pas facile quoi.

Benoit :

Bien sûr. Et puis, la ponctualité, c’est le truc le plus… On a du mal à comprendre, même si 5 minutes de retard, ça peut se comprendre. Mais, des fois c’est une heure ou deux heures de retard mais pour tout, pour les fournisseurs aussi parce que j’avais des fournisseurs, je les ai appelés en disant « Demain, j’ai besoin de 10 caisses de bière ou 5 pièces de bières. C’est vraiment urgent, j’en ai pratiquement plus. » « Oui, pas de problème demain matin on te livre ». Et en fait, c’était 3 jours après.

Fabrice :   

Et pour eux, ils ne comprennent pas où est le problème.

Benoit :

Oui, c’était normal. Et après on comprend un peu plus. Donc, on anticipe vachement plus en disant j’appelle aujourd’hui pour que peut être dans une semaine j’en aurais besoin, mais bon, j’ai anticipé au moins je suis tranquille. Mais après quand il manque un peu d’argent, qu’on est en flux tendu pour le stock, que voilà, on va compter sur la recette de quelques jours pour dire on va faire une grosse livraison. Non, ce n’est pas possible.

Fabrice :    

Parce que c’est vrai qu’ouvrir un restaurant à l’étranger, c’est souvent une idée de business assez classique quand quelqu’un veut s’installer à l’étranger et souvent on pense à ça, même ceux qui n’ont pas d’expérience mais c’est assez difficile, ce n’est pas facile du tout à faire même pour quelqu’un qui est du métier.

Benoit :

Justement sur ce point-là, je pense que j’aurais dû peut être prendre plus de temps pour bien analyser le quartier, connaître bien la ville pour savoir où sont justement les demandes de restaurants à peu près français ou savoir qu’à Bucaramanga, je ne pense pas qu’il y a une demande de restaurant français, un petit peu mais pas non plus… Voilà.

Fabrice :     

En même temps, il y a la place normalement.

Benoit :

Après, voilà, il faut s’adapter au quartier, il faut faire ce qu’ils demandent – je pense qu’il faut prendre un peu plus de temps quand on arrive dans un pays, dans une ville, parce que toutes les villes sont différentes, à Medellin et Bogota, je ne sais pas combien il y a de restaurants français et ça marche pas mal. Ça marche bien.

Mais, je pense en effet que ce genre de business c’est beaucoup plus facile dans une ville un minimum touristique où il y a des expatriés ou des touristes qui – tu sais – ils vont être des clients réguliers déjà tu vois ? Oui, voilà, on avait la chance, on est à côté de l’alliance française. Donc, on a pu faire des événements avec eux, ils sont venus régulièrement manger le midi. Donc, déjà dès qu’il y avait un peu de monde, les gens revenaient plus parce qu’ils voient que ça marche, c’est comme de tout.

S’il y a un bar où il n y a personne, les gens n’y vont pas parce qu’ils pensent que ce n’est pas bon dès qu’il commence à y avoir un peu plus de monde, ça commence à prendre, donc c’est petit à petit. Donc, c’est pour ça, que c’est bien d’avoir une communauté un peu française étrangère qui va venir dans un café ou va faire acte de présence en se disant : « Tiens, on mange ! »Et voilà, donc, les gens qui passent à côté du café, ils voient du monde et après de ce fait, ils vont rentrer.

Fabrice :   

D’accord. Et là, depuis que tu as fermé le restaurant, tu es rentré en France pour bosser. Là, tu es revenu parce que tu penses revenir ici et faire un autre projet ?

Benoit :

Je suis déjà revenu pour être avec ma fiancée, passer du temps avec elle et en même temps de chercher une future affaire. On peut se renseigner si on peut continuer comme ça. Je voudrais bien ouvrir une crêperie ou une rôtisserie, ouvrir au moins dans les années qui arrivent, petit à petit. Je pense qu’il faudrait un bon capital aussi. Moi, je suis arrivé, j’avais 15000 euros. Ce n’est pas suffisant.

Fabrice :

Mais, là, c’était suffisant du coup, pour acheter le bar ?

Benoit :

Mais après, il faut avoir une trésorerie pour anticiper les deux ou trois mois difficiles, peut être même les six premiers mois difficiles parce que ça ne se fait en une journée où les gens vont venir.

Donc, c’est bien de pouvoir être tranquille 6 mois je pense, limiter les employés au début et après petit à petit faire au mieux pour que ça marche bien. Voilà, évoluer, grandir avec les employés, les former comme on veut. Et voilà, puis petit à petit, c’est pour ça que je pense que c’est bien d’avoir un bon capital de début 50000 euros en Colombie. Après, comme à Paris, ce n’est pas possible d’acheter un bar à 50000 euros.

Fabrice :  

Oui 50000 euros, c’est déjà pas en effet à Paris. C’est déjà bien ici d’avoir 50000.

Benoit :

C’est une belle affaire, 50000. Ça représente une belle affaire grande. Après, comme ici. Ton café c’est on ne peut faire que du café, on ne peut faire que des boissons. C’est bien aussi, mais bon après, ça ne permet pas de vivre dessus. C’est un investissement. Après, ce n’est pas non plus…

Fabrice :   

Après, est ce que tu trouves qu’ici faire ce genre de business c’est quand même plus rentable si ça marche parce que je veux dire les frais, les coûts salariales sont beaucoup plus faibles parce que quand tu achètes un bar à Paris, il me semble, tu t’en mets pendant 10 ou 15 ans pour acheter le commerce en général.

Benoit :

Oui, c’est minimum 7 ans, si on n’a pas les fonds, il faut faire un crédit avec la banque. Après, les impôts, tout ce qui est actuellement en France, c’est cher, les employés sont chers, la masse salariale, les impôts patronales, salariales et tout. Donc, déjà c’est compliqué. Ici, bien sûr qu’il y a les impôts mais bon, il y a moyen quand même de gagner de l’argent sans…

Fabrice : 

Si l’affaire marche du même niveau c’est beaucoup plus rentable ici tu rentabilises beaucoup plus vite.

Benoit :

Oui. C’est plus facile déjà à rentabiliser même en vendant des déjeuners à 3 euros, il y a moyen de bien gagner sa vie. A premier niveau la Colombie, après le projet ça reste en Colombie, ce n’est pas non plus de voyager, de dire : « Je vais me payer un billet d’avion tous les mois pour rentrer en France.» Mais, ça permet d’avoir un bon salaire pour acheter un appartement ici. Oui, il y a un moyen pour que ça marche très bien. Il y a des gens qui ont des restaurants ici qui vivent très bien.

Fabrice :               

Oui, c’est clair. Donc, voilà, mais il faut quand même savoir qu’il vaut mieux arriver avec en effet plusieurs dizaines de milliers d’euros, parce que voilà la Colombie, les gens pensent que ce n’est vraiment pas cher, etc. Mais, voilà, ce n’est quand même pas un pays africain. Enfin l’Afrique, c’est encore moins cher parce que je connais bien et en effet, tu montes là-bas un restaurant avec encore moins d’argent. Mais bon la Colombie, c’est quand même un pays assez développé. Les prix d’immobilier, sont quand même assez élevés en général.

Fabrice :

Tu payais combien le loyer du restaurant ?

Benoit :

Cela représentait à peu près 800 euros.

Fabrice :   

Quand même c’est déjà pas mal. Oui en effet, il faut quand même déjà rembourser les 800 euros.

Benoit :

Voilà, il faut rembourser les 800 euros, plus après rentabiliser les investissements plus payer les employés plus voilà. Voilà, il faut un bon minimum tous les jours à faire.

Fabrice :    

Alors, pour terminer quel conseil là tu donnerais à quelqu’un qui a cette idée en tête dans un pays de venir ouvrir un resto ou un bar ?

Benoit :

De prendre son temps, voilà. Juste de prendre son temps, de ne pas s’enflammer parce qu’on a trouvé un bon endroit et que ça paraît joli. Il faut prendre son temps pour savoir ce que les gens veulent réellement ici, ce qu’ils veulent consommer, voir la mentalité aussi. Quelques mois. Voilà, il faut prendre quelques mois pour observer ce qui va fonctionner, ce qui est nécessaire juste prendre son temps.

Fabrice :

Et connaître des gens sur place encore et encore.

Benoit :

Le mieux oui, voilà c’est vraiment de connaître son sujet à fond pour savoir vraiment où aller, comment fonctionner,

Fabrice :   

Voilà, il vaut mieux avoir pas mal d’argent de côté pour au cas où, etc. Voilà, se renseigner un peu enfin pas venir en se disant voilà il faut plus d’argent. Non, il vaut mieux prévoir plus.

Benoit :

Voilà, il ne faut pas venir en touriste. Il faut se dire que ça ne va pas fonctionner du jour au lendemain dès le début. C’est prendre son temps.

Fabrice :               

Ok, écoute, merci Benoit d’être venu ici pour répondre aux questions par rapport à ton projet, là, cette expérience de restaurant. En tous cas, visiblement ça ne t’a pas calmé puisque tu vas repartir sur un autre projet.

Benoit :

C’est vrai. C’est une très bonne expérience. On apprend même si ça ne se termine pas comme on veut. C’est quand même une bonne expérience puisqu’on apprend autre chose : la culture, la rencontre des gens, d’autres personnes. C’est un pays quand même fantastique. Donc, très heureux de ça, voilà.

Fabrice :              

Ok, écoute je te souhaite bonne chance pour ton futur projet. Et puis, à bientôt.

Benoit :

Merci. A bientôt. Merci.

Faites tourner sur les réseaux !

Retrouvez-moi sur Periscope : chaque jour, une vidéo live en voyage !

Bienvenue. Rejoins le programme Voyager Plus !

Mes 10 solutions pour réaliser tes rêves de voyage + des ressources, des réductions et le Manifeste du Voyageur (mon livre gratuit) ! » Télécharge le tout en cliquant ici.

Chaque jour, une vidéo live autour du voyage, la vie nomade, le nomadisme digital, l’indépendance, les choix de vie…

periscop3

J’ai découvert Périscope depuis quelques mois et, que dire, je trouve cette appli excellente !

Cela fait bien trois ans que je pensais à prendre en compte cette possibilité de faire du live. Mais pour l’instant, aucun service ne me donnait entière satisfaction.

Mais voilà, Périscope est arrivé.

#30JoursInstVoyageur

Ce challenge 30 jours, c’est donc :

Chaque jour, une vidéo live autour du voyage, la vie nomade, le nomadisme digital, l’indépendance, les choix de vie…

En direct de Colombie. 

Aujourd’hui, nous en serons au 16ème épisode.

Hésitez pas à me retrouver sur Periscope : c’est du live et vous pouvez me poser vos questions en directe.

Quelques sujets qui ont été abordés :

  • Digital nomade : les joies de l’indépendant géographique
  • Pour voyager moins cher : faites le contraire de la masse !
  • La sécurité en voyage : mythes et réalités
  • Les pays que j’ai préférés
  • Choisir sa destination : mes 2 outils pour vous aider.
  • Vivre à l’étranger : pourquoi j’aime cela.

Pas facile de tenir le rythme d’une vidéo par jour. C’est du temps j’avoue, mais j’y prends un certain plaisir.

Vous avez aussi d’autres applis dans le même genre, mais depuis que Periscope a été racheté par Twitter, les autres ont été distancés.

Pour l’instance, Periscope a le vent en poupe, surtout aux USA.

periscope voyage

Comment cela fonctionne-t-il ?

L’appli gratuite est disponible sur Androïd et IOS.

Une fois téléchargé, vous pouvez vous connecter directement via votre compte Twitter si vous en avez un. Sinon, pas de soucis, ce n’est pas indispensable. 

Les deux services sont liés. Lorsque vous lancer un live, un Twitter est automatiquement généré informant vos followers du live.

Vous pouvez bien sûr enregistrer les vidéos sur votre smarphone pour les garder, via une option à activer.

L’appli est bien pensée, et certaines fonctionnalités sont chouettes :

  • Vous pouvez sur une carte voir d’un coup d’œil les live du moment
  • Vous pouvez bien sûr commenter en directe la vidéo et poser vos questions.
  • Les cœurs qui apparaissent sur la vidéo ou sur votre profil sont les équivalents des like.

Chaque vidéo est visible pendant 24h si vous ratez le live.

compte periscope voyage

Il suffit de zoomer pour trouver les vidéos.

Periscope en voyage

En théorie, Periscope apparaît comme un super média pour partager ses voyages.

Sur le terrain, ce n’est pas aussi simple que cela :

– il faut avoir une bonne connexion 4G et/ou wifi. Ce qui n’est pas le cas partout sur notre belle planète.

– de plus, Periscope utilise beaucoup de bande passante. Si vous avez acheté une SIM en voyage, je peux vous dire qu’elle va se vider à vitesse grand V. J’ai filmé pendant 20 mn et cela m’a pris grosso modo 2G…10 euros ici en Colombie où je suis en ce moment.

Il reste bien sûr les wifi, mais il faut avouer que le but ultime est de montrer le pays et le quotidien. Si vous ne restez que dans des zones wifi, c’est à dire dans des bars ou des hôtels, cela limite la chose…

cela prend aussi beaucoup de batterie. Sur mon S6 tout neuf, 20 mn de Périscope et c’est au moins un tiers de batterie en moins. Aussi, assurez-vous de bien recharger votre smartphone avant. Prévoyez une batterie externe.

– il manque un filtre « langue » pour la recherche des lives. Si vous en faites un à l’étranger (ce qui est l’intérêt ici), la plupart des spectateurs seront des locaux ne parlant pas français.

Bref, utiliser Periscope à 100% de son potentiel pour faire vivre des évènements ou partager votre voyage avec vos proches, cela reste problématique dans une grande majorité de pays. Pour l’instant.

Dans quelques semaines, quand j’aurais plus de recul, je ferais sans doute un article pratique sur Periscope.

EF678129-6AFE-428B-97D0-D3531C7A6B40

Suivre ce challenge 30 jours sur Periscope en direct :

 

moremore

Pour me suivre :

1. Télécharger l’appli sur Google Play ou iTunes.

2. Sur Periscope, cherchez l’ID : fabrice dubesset ou @InstVoyageur

 

Dernière vidéo à voir ici : #17 Restez jeune par le voyage + Bilan 2015.

Visible jusqu’à demain 14H.

Sur Youtube :

Vous pouvez aussi retrouver les premiers épisodes sur ma chaîne Youtube.

YouTube-icon-full_color

Je les mets en ligne petit à petit.

Si vous souhaitez que j’aborde certaines questions, n’hésitez pas à me l’indiquer ci-dessous dans les commentaires ci-dessous.

PS : Promo flash de 50% sur mes guides pour voyager plus !

Pendant 48H !

Faites tourner sur les réseaux !