Se battre contre l’homophobie

Je me battrai toute ma vie s’il le faut pour que les jeunes gays lesbiennes et transgenres puissent avoir des référents médicaux respectueux et bienveillants vers lesquels se tourner. Un médecin, appelons-le Docteur X, 30 ans, a tenu, sur un groupe PUBLIC regroupant 30.000 membres, dont beaucoup de soignant.e.s ET de soigné.e.s, des propos dégradants envers les homosexuels. Qualifier un homo de “fofolle” (quand il existe d’autres termes, non offensants, pour exprimer la même idée), expliquer qu’on les reconnaît à la position de la théière, à leurs expressions faciales exagérées, à leur “marche sur une ligne en balançant les hanches”, à leurs manières surjouées (comme si appartenir à une orientation sexuelle minoritaire était un jeu), etc, est homophobe. Et n’allez pas me dire “j’ai un copain homo qui dit que ce n’est pas homophobe!” On s’en beurre le coquillage de votre pote homo. L’homophobie internalisée est de l’homophobie quand même. Et si cela ne suffit pas, remplacez le terme “fofolle” par “négro” ou “youpin” ou tout autre terme servant à dénigrer une minorité quelle qu’elle soit. Vous verrez très vite en quoi cette vision comportementalo-biologisante est problématique. Sur un forum, (donc un lieu PUBLIC par essence), le même médecin a écrit des textes interminables sur les homosexuels. Morceaux choisis dans les commentaires (je vous demande de VRAIMENT lire ces captures d’écran). Sur ce forum, X. revendiquait son doctorat en médecine (apposant donc une justification à ses élucubrations). Il y sous-tendait en permanence l’idée que “Je suis médecin donc JE SAIS SCIENTIFIQUEMENT ce qu’il en est”. Rien à voir avec le pilier de bar du café du commerce en bas de la rue, donc. Ce même médecin citait Hitler, “Mein Kampf”, en évoquant LA “problématique homosexuelle”. On peut lire ce genre de phrase, ahurissante: “le jour où les homos récolteront ce qu’ils ont semé, faudra pas venir se plaindre”. Sur son Facebook, on trouve également un long post sur “Une France sans Juifs”. (…) De telles prises position n’avaient rien d’une maladresse. Je vous l’assure. J’ai alors tenté de débattre gentiment, puis férocement, avec lui en privé (QUATRE jours!!!) pour lui faire entendre raison. Il n’a rien voulu entendre. Rien J’ai appelé le conseil de l’Ordre À TITRE PRIVÉ (car internet n’est pas et ne doit pas être à mon sens, un tribunal) et j’ai récolté une réponse – beaucoup trop tiède à mon goût – où il était question de la difficulté de réguler les prises de paroles sur les réseaux sociaux (ce que j’entends parfaitement, soyons clairs, et la suite donnée par le conseil de l’Ordre à cette affaire devait s’avérer à la hauteur de ce qu’on pourrait attendre d’une telle institution).En désespoir de cause, je fis, ainsi que beaucoup d’autres internautes, des captures d’écran. Je veillais cependant, PERSONNELLEMENT, à flouter le nom du praticien. Étais-je obligé? Non, c’étaient des propos PUBLICS. Néanmoins, je crois au droit à l’oubli.

Un film de protection

C’est une excellente nouvelle que je viens d’apprendre : depuis peu, les policiers et gendarmes, lorsqu’ils procèdent à des contrôles d’identité doivent activer leurs caméras-piétons, dans quelques 23 zones de l’Hexagone déterminées par le ministère de l’Intérieur. Ces zones contiennent des ZSP du Paris intra muros, tout comme des départements comme les Alpes-Maritimes.
Ce n’est pour l’heure qu’un ballon d’essai, dont la durée maximale est limitée à un an. Mais c’est tout de même une mesure qui évitera sans doute bien des problèmes à l’avenir. Ce procédé est généralisé depuis des années dans certains pays, et a carrément démontré son importance. L’objectif de ce système est de calmer la relation des deux côtés de la barrière : les policiers peuvent ainsi montrer qu’ils ont agi dans les règles, et les citoyens ne peuvent être ignorés si un abus est commis. C’est clairement un système où tout le monde est gagnant. Last but not least, cette procédure pourrait permettre d’éviter de longs rapports écrits, ce qui réduit drastiquement la lourdeur administrative.A la fin de cette année d’expérimentation, les DG de la Police et de la Gendarmerie Nationales offriront un rapport pour évaluer l’effet de ces caméras sur le bon fonctionnement des contrôles d’identité. Si cette procédure est déployée à l’échelle nationale, des scandales tels que celui de Théo début février appartiennent ainsi peut-être au passé. Ce projet devrait apaiser pas mal les tensions entre les policiers et les habitants des quartiers sensibles ! Cela dit, le dispositif d’enregistrement n’étant pas automatique, le fonctionnaire peut oublier de le lancer avant une intervention. Mais ce serait vraiment tendre le bâton pour se faire battre.