La sécurité des aéroports

L’aéroport auvergnat s’est mis en conformité avec les nouvelles normes de sécurité européennes, ce qui passe notamment par une rénovation de la piste. Sécurité : l’aéroport au niveau La sécurité aéroportuaire est à présent une affaire européenne et non plus nationale. Comme la quasi-totalité des aéroports français (Saint-Étienne est une exception notable), l’aéroport Clermont-Ferrand Auvergne s’est mis en conformité avec les exigences du « plus haut des standards ». « Un véritable enjeu » Une cérémonie officielle a marqué la conversion du certificat de sécurité national en certificat européen, hier à Aulnat, en présence de Michel Hupays, directeur de la sécurité de l’aviation civile centre-est. « C’était un véritable enjeu, tout simplement pour pouvoir continuer l’exploitation après le 31 décembre, commente Cyril Girot, directeur de l’aéroport. Avec le syndicat mixte, nous avons déjà réalisé un certain nombre de travaux nécessaires, avec l’élargissement d’un taxiway (voie de circulation) ; il y aura des travaux complémentaires, en particulier l’élargissement de la piste principale. On accueille déjà des gros avions, comme des Bœing 777 et 747, les travaux sur la piste font partie des nouvelles normes pour continuer à les accueillir. » Une mise à jour qui demandera « plus de dix millions d’euros » d’investissements sur plusieurs années, indique Didier Laville, maire d’Aulnat et vice-président du syndicat mixte de l’aéroport : « Avec le délégataire, nous avons un programme d’investissements qui date de plusieurs années déjà, pour rester au niveau, précise l’élu. C’est capital, autrement nous n’avons pas d’avenir. » La rénovation de la piste devra se faire sans pénaliser le trafic aérien. Délivré par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (Aesa), ce certificat concerne tous les aspects de « l’organisation et l’exploitation des infrastructures aéronautiques ». Cette nouvelle réglementation renforce aussi le rôle de l’exploitant aéroportuaire, Vinci Airports, qui devient « chef d’orchestre » de la sécurité de la plate-forme : prévention des incendies, coordination des secours, formation et contrôle des compétences pour l’ensemble des intervenants, le contrôle de la conformité de l’exploitation, l’évaluation du péril animalier. Source : Pilotage Avion

En finir avec les mots

On se passionne, en France, pour le débat sur l’écriture inclusive, sans voir que c’est comme s’interesser à une grenouille dans une mare que va submerger un tsunami. Car ce qui se joue en ce moment à l’échelle de la planète, pourrait être, tout simplement, la disparition de l’écriture de toutes les langues. Et même, à terme, de la parole. L’une et l’autre étant remplacées par une communication non verbale par signes écrits, dont les émoticons constituent l’esquisse. D’abord, parce que nous nous parlons de moins en moins : les téléphones ne servent plus à parler mais à envoyer des messages Et même dans les bureaux, les collègues préfèrent communiquer par écrit plutôt que d’aller échanger à la machine à café. On y ressent la conversation avec l’autre comme une agression, une invasion de son champ privé ; alors que l’écrit a l’avantage de protéger la privauté, de laisser libre de répondre à sa guise, au moment où on veut, sans dévoiler d’émotion particulière. Le message écrit s’installe donc comme la forme supérieure de la politesse ; et l’interpellation inopinée comme la forme supérieure de l’impolitesse. Ensuite, parce que, en matière d’écrit, et en particulier sur pour les messages envoyés par des téléphones mobiles et autres engins du même type, les échanges utilisent de moins en moins une langue, quelle qu’elle soit ; parce qu’elles sont toutes complexes à écrire, et parce que leurs sophistications grammaticales ne sont pas nécessaires pour se faire comprendre. Donc, de plus en plus de gens utilisent, à la place des mots, dans ces messages, des abréviations, des écritures phonétiques. En particulier, on voit s’y installer un mode de communication écrite qui n’utilise même plus les lettres : les pictogrammes. Les smiley, dit-on en français ; les emojis, dit-on en japonais ; les émoticons, dit-on en anglais. Emoji voulant dire d’ailleurs, en japonais, « pictogramme ». Ce mode apparu en France en 1982 , aux Etats-Unis et au Japon en 1998, n’est plus anecdotique. Il est aujourd’hui codifié par une organisation californienne à but non lucratif, Unicode, qui valide les pictogrammes acceptés par tous les réseaux mondiaux . Ces pictogrammes disent des émotions, des sentiments, des faits. Leur signification est immédiate. Nul besoin de dictionnaire ou de grammaire pour les comprendre. Ils permettent à des gens au vocabulaire peu étendu de dire beaucoup plus, et beaucoup plus vite. Pour communiquer plus besoin de connaitre l’orthographe ou de parler une langue. De nouveaux pictogrammes apparaissent sans cesse, fabriqués par une intelligence artificielle. Aujourd’hui, Unicode référence 1920 pictogrammes, dans 5 couleurs de peau. Et ils sont de plus en plus utilisés : il semblerait que plus de 5% des messages sur internet contiennent déjà au moins un pictogramme. Et j’attends, à moins qu’il n’existe déjà, le premier roman écrit entièrement en émoticons. Les pictogrammes sont loin encore de constituer un substitut complet des langues : ils permettent mal de distinguer si on parle de soi ou d’un autre ; ils n’ont pas la même signification d’une culture à une autre ; et on peut difficilement construire avec eux des phrases entières, mais en a-t-on encore besoin ?