En L-39 Albatros

Cette semaine, j’ai comblé un fantasme de gosse : j’ai volé à bord d’un avion de chasse. L’expérience a eu lieu à l’aérodrome de Rennes. Je me suis présenté au matin. J’avais mal dormi la veille à l’idée de ce qui m’attendait. Quelques minutes après qu’on m’ait exposé les caractéristiques de l’appareil et les procédures de sécurité, j’ai pu enfiler mon uniforme de pilote avant de rallier le taxiway. Le L-39 Albatros m’attendait. L’avion revenait justement d’un vol. Quand j’ai rejoint l’appareil, j’ai donc croisé en route le passager précédent et qui était livide. Je lui ai demandé comment ça s’était passé et il m’a répondu qu’il avait fait un black-out durant un court moment. Très rassurant, ça ! C’est le ventre noué, je suis monté dans l’appareil et harnaché à mon siège. Après tout un tas de contrôles, on a finalement quitté le plancher. Je dois dire que le décollage fut relativement décevant. Je pensais me retrouver plaqué contre le siège, mais la poussée est en réalité linéaire. Au début, j’ai tout d’abord été frappé par la puissance de l’appareil : il reste stable malgré les bourrasques de vent. La première partie du vol était assez inoffensive. Mais tout cela n’était qu’un hors-d’oeuvre avant la phase la plus intéressante. Puis le pilote m’a informé que nous allions entrer dans les acrobaties.. Le pilote a commencé par une vrille à gauche, puis une second à droite, histoire de nous ouvrir l’appétit. Il a tout de suite enchaîné avec une multitude de boucles. La pression m’a là encore plaqué au siège. J’ai dû me contracter pour éviter le black-out. Le pilote m’a demandé si je voulais continuer : je ne pouvais m’empêcher de sourire ; je ne pouvais m’en empêcher, à cet instant je ne me suis jamais senti aussi bien. Durant les courts instants de relâche entre les enchaînements, j’essayais vainement de retrouver mes points de repère qui ne cessaient de changer de place, vacillant dans tous les axes, jusqu’à me faire perdre mon sens de l’orientation. Tout allait trop vite et les figures se suivaient à toute vitesse : tonneaux, passage sur le dos, breaks, vol dos. Tout y passait. Le pilote me demandait de loin en loin si j’étais toujours là, et je répondais par l’affirmative. En dépit de l’intensité des évolutions qui allaient crescendo, je me sentais à l’aise, goûtant pleinement à ces sensations uniques de perte de contrôle doublée d’une entière sécurité. Étrangement, c’est sur la route du retour que j’ai commencé à être nauséeux. Mais en dépit de ce léger désagrément, c’est une expérience que je vous recommande vivement. C’est à essayer au moins une fois dans sa vie ! Pour plus d’informations, allez sur le site du L-39.