Le jour où je me suis demandé ce que je faisais là

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Oui, lors d’un voyage, je me suis posé cette question pour la première fois de ma vie. Pourquoi ? Je vous raconte tout.

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Un coup de téléphone.

A l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes début juillet et je suis en Australie. Je me suis posé sur Magnetic Island, un petit paradis sur la côte du Queensland.

Depuis le début, le voyage se passe super bien. Ou du moins il se passait bien.

La veille, ma mère m’a appelé pour me dire que mon père était à l’hôpital. Les médecins ne savent pas quand il va sortir. Mon père souffre depuis longtemps de divers maux. Mais là, clairement, la chose est devenue plus grave.

Vous savez quoi, je me suis demandé ce que je faisais là, tout paradis qu’est l’île.

Et c’est bien la première fois que je me suis dit cela lors d’un voyage. Vraiment.

Vous pouvez imaginer ? Je voyage depuis tellement longtemps et là, c’est la première fois où je me suis demandé ce que je faisais là. Oui, je me répète, mais, vraiment, cela m’a fait bizarre.

Imaginez un peu un guitariste passionné jouant sur scène et qui se demande ce qu’il fait là en plein milieu d’un concert.

J’ai beaucoup réfléchi à la situation, mais clairement, oui, je me suis dit que ma place n’était pas ici en Australie.

Le fait que je voyage seul n’a pas arrangé la situation. Forcément, vous cogitez plus.

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Mon père

La communication avec mon père a toujours été plus que moyenne.

C’est ainsi. A qui la faute ? Sans doute aux deux.

Je me souviens notamment de la veille de mon départ au Nigéria. Je me posais des questions quant à la justesse de mon choix. Malgré l’envie qui me tenait d’y aller, les doutes et les peurs me tenaillaient. Un jour, dans la voiture, nous avons parlé comme un père à un fils. Vous savez, genre un peu comme on peu le voir dans les séries à la télé. J’ai connu trop peu ce genre de moment avec mon père.

Je m’en rappellerais toujours. J’avais déjà 27 ans.

Cela fait longtemps que je n’en veux plus à mon père. Cela fait partie de l’âge adulte, on laisse tomber les reproches envers ses parents. On prend du recul et on comprend les causes. Et on pardonne.

En 2013, j’étais parti avec mes parents et ma sœur à Rome. Pour mon père, c’était son premier voyage en avion. Et l’un de ses plus longs voyages. Il était limite émerveillé de prendre l’avion pour la première fois. C’était chouette à voir.

C’est juste dommage que nous ayons pas fait ce genre de voyage plus tôt.

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Priorités

Suite à cet appel, j’ai décidé de rentrer plus tôt en France. J’avais prévu de faire une halte de 4 jours à Singapour lors du vol retour. J’ai zappé.

Au final, quelle différence, est-ce si important ? Non, bien sûr.

Au début, mes premiers voyages seul étaient incroyables d’intensités. Voyage initiatique pour certains, ils m’ont construit, ils m’ont changé.

En cela, je recommande vraiment à tout le monde de faire au moins une fois dans sa vie un long voyage solo. Mais cela, vous le savez si vous traînez vos guêtres ici.

Depuis, j’ai fait d’autres voyages solo plus ou moins longs. Même si j’en garde de bons souvenirs, ils n’ont jamais eu la saveur des premiers voyages solo. Pourquoi ? Hé bien, je vois deux raisons.

– déjà, en tant que digital nomade, j’ai un rythme qui m’est propre le plus souvent.

– et surtout je pense, le voyage solo m’a apporté l’essentiel de ce qu’il devait m’apporter au début. Question d’expérience. Vous savez, tout est toujours plus fort les premières fois.

Voyez-vous, désormais, j’ai plus envie de partager cela avec d’autres : mon amie, mes amis, des enfants. Le temps passe vite, je ne suis pas souvent en France, aussi, j’essaye de partir davantage en voyage avec des amis comme ce fut le cas en Islande l’été dernier. Ce n’est jamais facile de se coordonner, surtout que beaucoup ont des enfants.

Idem envers mes parents, j’ai plus envie de passer du temps avec eux qu’il y a 10 ans par exemple. Or, depuis 5 ans, je passe 80% de mon temps hors de France.

Expérience ou âge ?

Il y a peu, j’ai retrouvé sur la Gold Coast du Queensland, Tarik, une vieille connaissance australienne. Cela faisait 14 ans, je crois, que l’on ne s’était pas revu.

A l’époque, il était venu passer un an en France à Grenoble pour des études. De mon côté, je faisais ma dernière année à la fac. Nous habitions le Rabot, une résidence universitaire mythique de Grenoble perchée sur une montagne du massif de la Chartreuse.

Lorsque je l’ai revu, il n’avait pas tant changé que cela au final, rassurant :). Autour d’une bière, nous avons parlé de la vie et je lui ai posé cette question « depuis cette époque, en quoi tu as changé ? ».

« J’aime toujours voyager, mais différemment. Je préfère retourner dans des lieux que j’aime et voyager plus lentement. Cela fait longtemps que je ne suis plus dans la course au « tout voir ». C’est impossible de tout voir, autant se faire une raison ! ».

Et d’ajouter « plus jeune, on pense qu’on le temps de faire tout ce que l’on veut, d’être tout ce que l’on veut. On pense qu’on est éternel. Il n’y a rien de plus faux. Quand tu approches des 40 ans, tu réalises qu’il ne te reste pas tant que cela de temps devant toi, du moins du temps en bonne santé. Tu ne peux pas tout faire, il faut faire des choix. »

« Et puis, je suis plus famille, je passe plus de temps avec mes parents. »

Je dois dire que je partage en grande partie ses réflexions.

S’il a un peu changé sa vision des choses, on reste sur des fondamentaux : cette envie de s’éloigner du chemin tout tracé et de s’écouter. Là, il faisait le tour d’Australie avec sa copine, à l’oeil ou presque.

En effet, ils voyageaient (et cela continue) en faisant du house-sitting. En gros, ils doivent juste garder de belles maisons pendant l’absence du propriétaire. Et entre deux « postes », ils voyagent dans leur van. J’aime ça !

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Par rapport au voyage (et pour d’autres choses), on peut légitimement se demander s’il y a changement en raison du fait des années qui passent ou de l’expérience.

Je pense tout de même que c’est surtout une histoire d’expérience. Lorsque l’on a beaucoup pratiqué (quoi que ce soit), notre façon de voir les choses évolue toujours à un moment ou à un autre. Ce n’est pas une généralité, mais tout de même.

Peut-être l’âge, ou plutôt l’énergie, joue un rôle, mais je pense qu’elle est minoritaire. Je rencontre parfois des gars de 20 ans ou de 60 ans qui ont toujours des étoiles plein la tête après leur tour du monde. Est à l’inverse, vous avez des gens de 25 ans qui en paraissent 20 de plus dans leur façon de penser.

Equilibre

Vous savez, être voyageur perpétuel, c’est-à-dire celui qui est sur les routes pendant des années et des années, voire la plus grande partie de sa vie, c’est rare.

En vérité, j’ai du mal à croire que le voyageur perpétuel est heureux au fond de lui. Quand vous le rencontrez, sans doute, il va avoir tendance à donner l’illusion que oui.

Depuis toutes ces années, j’ai croisé beaucoup de voyageurs au long cours. Beaucoup avait une certaine tristesse en eux. Quand le voyage est une fuite et devient une errance, ce n’est pas forcément une bonne chose.

Mais à tout cela, il y a sans doute des exceptions, comme toujours.

Voyager transforme, voyager ralentit le temps, voyager ouvre l’esprit et le maintient flexible, voyager….etc. J’en ai beaucoup parlé ici.

Alors oui voyager souvent et longtemps ! Partez pour un long voyage au moins une fois dans votre vie, cela peut changer votre vie. Ce fut mon cas.

Voyagez, faites-en pourquoi pas un mode de vie comme je l’ai fait.

Pour autant, être continuellement sur les routes de nombreuses années, je ne sais pas. Je suis plus réservé.

La communauté

Le voyageur perpétuel rompt un équilibre important : la proximité avec une communauté, sa communauté, ses racines. Je veux parler ici de la famille et des amis.

J’ai grandi dans un village d’Ardèche que j’ai quitté vraiment pour aller à la fac. Je suis attaché à mes racines, d’ailleurs, les premières années à la fac, je rentrais très souvent. Je me souviens d’un prof de fac taquin qui déclarait toujours « ah ces ardéchois, ils faut toujours qu’ils rentrent dans leur village le week-end ».

Aussi, quand je rencontre quelqu’un qui a toujours bougé et qui n’a jamais eu de racines, cela m’interroge. En général, cette absence de racines ne leur manque pas. Ce qui est plutôt normal, ce que nous n’avons pas connu ne peut nous manquer.

Alors, peut-être que pour ces personnes, voyager perpétuellement est plus facile. Sans doute. Qu’en pensez-vous ?

C’est une question que je trouve passionnante et que j’ai déjà évoqué sur le blog.

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Priorités

Je crois qu’il est temps de faire bouger mes priorités. Cela arrive souvent dans la vie, tout change, les priorités changent. Il y a parfois des signaux qui deviennent plus fort, plus insistants.

Non, je ne vais pas arrêter de voyager :). Je vais peut-être le faire moins, mais, surtout, je vais le faire différemment. Depuis quelques années, je me considère comme un semi nomade dans le sens où j’ai une base, enfin deux, une en Colombie et l’autre en France, même si j’y passe peu de temps.

J’aime toujours autant partager ma vision des choses et mon message sur le voyage.

Mais d’un côté, je crois que j’ai envie de construire davantage dans un sens.

Voilà pour cet article, un des plus personnel que j’ai pu écrire sur ce blog.

J’ai écrit cet article en août dernier.Depuis, mon père a la maladie de Parkinson. En plus d’un début de leucémie. Cela ne faisait que 5 mois que je ne l’avais pas revu. Je l’ai retrouvé changé, déjà.

J’espère que vous ne prendrez pas cet article d’une façon trop « sombre ». Cela ne l’est pas, je suis super positif là, encore plein de belles pages à écrire (et de beaux voyages). C’est l’histoire de la vie, c’est tout.

Juste, là, tout de suite, profitez en pour réfléchir à vos priorités.

Ont-elles besoin d’être redéfinies ? Le temps passe vite, choisissez vos priorités, faites-les à fond, profitez !

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