Les autorités et le libre marché

Dès lors qu’on en vient à parler d’économie, j’approuve en général pour le libre marché. Néanmoins, je ne le défends pas systématiquement. Récemment, on m’a ainsi rendu à Barcelone pour assister à un congrès lors duquel j’ai pu relever comment certains le soutenaient sans aucune limite. Car le libre marché trouve d’après moi une limite dans la tragédie des communs. Le plus simple, à mon avis, consiste à passer par un exemple. Quand un industriel tient ses comptes, il ne prend en considération que ses propres gains et coûts. Chaque pêcheur manque toutefois d’examiner les frais qu’il cause à tous les autres fabricants : le problème de la surexploitation, qui conduit à l’extinction de certaines espèces de poissons. Pourtant, le coût de revient pour la société est la plupart du temps supérieur aux coûts individuels. Quand chaque industriel se borne à considérer ses propres coûts de fonctionnement, il sous-estime le coût réel et l’intérêt général. Cette omission fait que la pollution excède le degré socialement convenable, parce que les entreprises se cantonnent à leurs intérêts propres et négligent ceux de la société. Pour résumer, la somme de tous les choix individuels ne conduit plus à un résultat idéal. C’est vraiment là un exemple limpide où le libre marché devient dommageable, et où une intervention publique est souhaitable. Parce que des entreprises individuelles, des acheteurs, et parfois des pays tout entiers, ne s’inquiètent pas des conséquences de leurs activités sur la planète. Chaque acteur du libre marché doit donc, d’une façon ou d’une autre, être sensibilisé au respect de l’intérêt général. Au passage, j’aimerais dire un mot sur ce meeting qui m’a permis de découvrir Rome. La direction est passée par une agence différente pour organiser celui-ci, et je dois dire que tout le monde s’en est réjoui. Je vous mets en lien le site de cette agence, si vous souhaitez jeter un coup d’oeil.