Colloque de Malte

Mardi dernier, j’ai participé à un colloque à Malte où, au détour d’une discussion, un participant a remis en question le besoin de croissance économique pour les pays développés. Son argument principal pouvait se résumer à ce slogan : « il faut se satisfaire du nécessaire ». Une idée qui a le don de m’excéder, d’autant que je l’entends sans cesse (cette idée, pas la chanson). Le problème n’est pas nouveau : plus un pays est prospère, plus sa croissance économique est estimée comme inutile. Ainsi, le fait que l’Occident projette de maintenir son essor économique est estimé par beaucoup comme de la cupidité. Néanmoins, c’est loin d’être le cas : les pays développés ont également besoin de se développer pour que leur société grandisse. Le progrès social est tout autant essentiel pour un pays développé que pour les PMA. Pourquoi ? Parce qu’en l’absence de croissance, un problème tout simple se pose : la répartition du capital demeure la même. Le développement de l’un est alors forcément accompli au grand dam de l’autre. La bataille contre la misère génère par exemple une restriction des dépenses dans le nettoyage des rues ; une meilleure couverture sociale doit quelquefois contraindre à un allégement du budget culturel ; la construction d’une nouvelle éolienne conduit paradoxalement à une baisse de subventions dans la protection de l’environnement… En clair, en l’absence de croissance, une société est vite confrontée au tempérament éphémère de la prospérité. Une société qui vit sans croissance est une société où les citoyens, les entrepreneurs et les classes sociales se partagent tous le même os, ce qui donne évidemment lieu à de nombreuses dissensions. Quand un pays connaît la croissance, il lui est plus loisible de répartir les richesses. Les plus nantis de la société sont davantage enclins à redistribuer les richesses s’ils savent qu’ils continueront eux-mêmes à prospérer. Dans le même temps, une société sans croissance tendra à devenir plus fermée, voire à écarter l’idée de la répartition et à s’écarter des fondements de la démocratie. Les sociétés connaissant une croissance économique sont, à l’inverse, plus clémentes et font preuve de plus grandes ambitions. J’ai été stupéfait de constater lors de ce colloque à Malte que plusieurs français assistant à cette conversation ne croyaient pas en cet impératif de croissance. Ce qui contribue peut-être à expliquer le manque de détermination qu’on perçoit dans notre économie. Pour en savoir plus, allez sur le site de l’agence incentive à Malte, organisatrice de l’événement.

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