La première carte perforée

Quel choc ! Je n’en ai pas cru mes yeux lorsque j’ai lu la date. L’article, trouvé par hasard sur le web, annonçait la mise aux enchères d’une des toutes premières cartes perforées. Jusque là, j’imaginais que ces dernières étaient nées un peu avant l’informatique, soit vers le début du XXe siècle. J’étais très loin du compte: elles remontent en fait… au XVIIIe siècle. Histoire d’une invention qui va remettre en perspective bon nombre de vos idées sur l’évolution technique. S’appuyant sur un concept développé par Jacques de Vaucanson en 1745, Joseph-Marie Jacquard (1752-1834) – portant le nom du célèbre métier à tisser – mit au point une version améliorée de l’invention de son homologue français, basée sur l’automatisation à l’aide de cartes perforées. Jacquard savait que le tissage de la soie, bien que nécessitant une grande habileté, était extrêmement répétitif. Il parvint à commander l’opération de tissage en subordonnant le fonctionnement du métier à tisser au motif de trous sur des cartes. Chaque carte possédait le même nombre de rangées et de colonnes. La présence ou l’absence de trou était détectée mécaniquement et déterminait donc les mouvements du métier a tisser. Ces cartes permettaient au métier à tisser de répéter la réalisation de motifs complexes. En 1803, Jacquard fut convié à Paris pour travailler pour le conservatoire des Arts et Métiers. Son procédé fut alors amélioré et, en 1806, le métier à tisser fut déclaré « propriété publique ». Il fit l’objet d’une violente opposition des tisserands, qui craignaient de perdre leur emploi, et provoqua des émeutes (comme quoi, le phénomène n’est pas nouveau). À partir de la fin du XIXe siècle, l’usage de ces cartes permettant de stocker des données fut généralisé aux domaines de la collecte et du traitement des données. Elles furent adoptées par Charles Babbage pour sa machine analytique et par Herman Hollerith pour répertorier les résultats du recensement américain en 1890. L’ère de l’informatique entraîna la conception de cartes dont le format convenait aux besoins des programmeurs et à l’utilisation de langage comme le COBOL et le FORTRAN. Je vous laisse le lien vers l’article, si vous souhaitez en savoir plus et voir cette ancienne carte de vos propres yeux. Pour ceux qui veulent en savoir plus, allez sur le guide luxe, vous aurez pleins d’infos sur cette vente aux enchères.