Economie, voiture et technologie

On identifie généralement dans l’économie numérique trois dimensions structurantes : la force des eets de réseau, le besoin de technologies fédératrices et l’apparition d’usages innovants. Ces facteurs seront-ils aussi décisifs pour l’essor du véhicule autonome ? Ces dernières décennies ont été pour le véhicule une période d’intégration continuelle des technologies de communication embarquée Il s’est agi à la fois d’améliorer les composantes clés de la conduite  direction, freinage ou éclairage  et d’optimiser la maintenance des systèmes internes. Le véhicule devenu autonome communiquera avec l’environnement par le biais de l’infrastructure routière, mais aussi avec les usagers et les autres véhicules : en s’intensifiant, les échanges de données feront apparaître ce qu’on appelle en théorie économique des eets de réseau. Trois domaines principaux sont concernés : Dans ces trois domaines, les avancées ne tiennent pas tant au déploiement d’une flotte de véhicules réellement autonomes qu’à la diusion de véhicules dotés de « capacités d’autonomisation », c’est-à-dire possédant les capteurs, les systèmes de traitement et les outils de communication nécessaires, même si l’autonomie proprement dite n’est pas activée. En outre, la mise en réseau visée n’a pas la connaissance de l’environnement : une cartographie dynamique sera essentielle pour actualiser en temps réel l’information sur les itinéraires. L’application Waze utilise d’ores et déjà les retours des conducteurs pour signaler les accidents, et la géolocalisation des téléphones portables pour évaluer les conditions de circulation. Demain, les véhicules feront remonter eux-mêmes l’information issue des capteurs. Se constituera alors une cartographie en quatre dimensions, avec à la fois les trois dimensions de l’espace (la route elle-même, sa forme, son environnement immédiat, les bâtiments, etc.) et l’évolution dans le temps (position des autres véhicules, conditions de circulation ou météorologiques, etc.). Pour assurer la collecte de ces informations, Google et Apple ont ainsi annoncé le lancement de leur système d’exploitation pour les véhicules en 2014, tandis que Mercedes, BMW et Audi ont racheté à Nokia la cartographie Here en octobre 2015 ; l’apprentissage automatique de la conduite : les informations recueillies en conduite manuelle viennent nourrir les algorithmes de conduite automatique, favorisant ainsi l’apprentissage approfondi des logiciels (deep learning). Certains constructeurs cherchent déjà à récupérer ces jeux de données : le constructeur de voitures électriques Tesla Motors a par exemple décidé d’équiper ses véhicules d’une fonction Autopilot, qui fait l’objet de mises à jour régulières ; la communication directe entre véhicules, notamment pour la gestion de la sécurité. Cette optimisation des interactions suppose des formats d’échange communs entre constructeurs. La normalisation est un enjeu clé pour l’essor du véhicule autonome. Source: Les plus belles voitures.