Une vie privée à coup d’argent public

Sommes-nous une république bananière ? C’est ce que l’on pourrait penser au vu de l’affaire Fillon, et surtout des réactions du monsieur incriminé : on a rarement vu un tel déballage de mauvaise foi et de mépris à l’égard de la morale ! Des affaires de cette nature ont énormément au ras-le-bol qu’éveillent les politiques chez les citoyens. Une aversion tout à fait normale, car ce danger est une réalité depuis un moment, et que les élus maintiennent le statut quo à tout prix ! Sous Chirac, un groupe de travail alla pourtant en ce sens, et proposa une liste de décisions permettant de combattre l’opacité de la vie politique. Toutefois, le propos fut soigneusement modéré. Et en dépit des scandales qui s’enchaînent, de nombreux députés dénient toute forme de transparence sur ce sujet. Le groupe de travail déclarait qu’une démocratie ne pouvait que péricliter si les électeurs ne croyaient plus en leurs représentants. Une défiance qui s’est carrément essaimée depuis, de par l’amoncellement d’affaires. Le rapport porté par Philippe Séguin soulignait également les dangers qu’encourait notre pays : dénigrement des élus, entrave à l’action de ces mêmes élites, et montée des extrêmes. D’où cette campagne électorale 2017 totalement imprévisible. Durant les débats parlementaires qui portèrent sur les conclusions du compte-rendu, les élus décidèrent de ne pas considérer les idées les plus profitables. Pour de simples oppositions partisanes, ils désavouèrent des motions consacrées à plus de transparence, comme en 2012 quand l’assemblée nationale débouta un amendement sur le contrôle de l’indemnité de frais de mandat ! C’est ce qui explique qu’en France, en 2017, sénateurs et députés ont toujours le droit d’employer leur famille comme assistants, comme en Grande-Bretagne ou en Espagne, où cette pratique est fort répandue. En revanche, en Allemagne, en Italie et au Parlement européen, les règles sont bien plus restrictives et imposent généralement aux élus de rémunérer les membres de leur famille sur leurs deniers personnels, et pas sur fonds publics. Un exemple à suivre…