Voyager en Amérique centrale : 7 clichés démontés !

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Voyager en Amérique Centrale, vous y avez déjà pensé ? Je suis sûr que vous avez certains clichés et peut-être des fausses conceptions sur cette région. On parie ? Voici 7 clichés, et cet article va leur tordre le cou !

cliché amérique centrale

cliché amérique centrale

Je laisse la parole à Laura qui a voyagé dans cette région pendant cinq mois.

Le Nicaragua, c’est où ? Le Bélize, c’est quoi ? L’Amérique centrale, en trois semaines c’est plié, et puis c’est hyper dangereux. Au moins en Asie du sud-est, c’est safe et c’est moins cher. De toute façon ils sont américanisés à fond et c’est partout pareil. Salsa, playa, il n’a pas de quoi fouetter un chat.

C’est un peu le genre de phrases que nous avons entendues ou lues avant de partir pour 5 mois de voyage à travers l’Amérique centrale.

Pourtant, ce n’est pas du tout ce que nous avons vécu. Alors, nous avons eu envie de partager nos impressions, de tordre le cou à certains clichés ou les nuancer pour au final vous donner une irrépressible envie d’y aller.

1.C’est méga dangereux là-bas, non ?

La première pensée associée à l’Amérique centrale est celle de l’insécurité et de la violence. Nous n’allons pas faire d’angélisme en démentant les statistiques de criminalité qui reflètent bel et bien une réalité.

Cependant, les voyageurs ne sont pas les plus concernés par ces risques de violence.

Les pays ou villes qui connaissent les plus fort taux d’insécurité sont ceux où la présence de gangs est importante. C’est particulièrement le cas au Honduras connu pour abriter la ville dite la plus dangereuse du monde, San Pedro Sula. Pour l’histoire, nous n’y sommes restés que 30 minutes. Ce fût assez pour faire une belle rencontre qui nous offrit un porte clé en souvenir. Comme quoi même dans la ville la plus dangereuse du monde, il peut aussi se passer de jolies choses.

La question de l’insécurité évoluent et le quotidien du voyageur qui adopte les règles de base de sécurité (je vous oriente vers le guide de Fabrice sur le sujet, la méthode a.t.i.p.i.c.) ne devrait pas être inquiété.

A titre d’exemple, le Guatemala qui autrefois était réputé très dangereux, notamment pour les vols à mains armés auprès des touristes, a mis beaucoup de moyens pour sécuriser les sites touristiques.

Pour l’anecdote, on s’est fait voler de la crème solaire et des capotes dans une poche accessible de notre sac à dos mis sur le toit d’un bus collectif (erreur de débutant, on n’avait pas fermé à clé cette poche). Au moins, on aura contribué à la prévention sexuelle et solaire du chapardeur.

 

moremore

Pour en savoir plus :

Note de Fabrice. En effet, les vols dans les sacs situés sur les toits des bus sont un grand classique. Idem si vous laissez votre sac au-dessus de vous dans le bus. Dans certains coins, il faut même être vigilant si vous laissez votre sac entre vos jambes…J’avais écris un article sur la sécurité en Amérique Centrale.  

 

securite amérique centrale

securite amérique centrale

Ce qui peut beaucoup dérouté en Amérique centrale, c’est la présence de gardes armés devant des lieux culturels, des banques et parfois même des boulangeries. Pour certains cela donne un sentiment d’insécurité pour d’autres cela rassurent.

2.Ce n’est pas un peu trop américanisé ?

L’Amérique centrale dans sa proximité avec les Etats Unis peut-elle échapper à une américanisation galopante ? La question mérite en effet d’être posée. S’il est vrai que des pays comme le Costa Ricaet le Panama qui connaissent un fort développement, empruntent des éléments culturels nord américain (comme nous autres par ailleurs), il serait exagéré de dire (comme j’ai pu le lire) que les states et le Costa Rica (par exemple) c’est blanc bonnet et bonnet blanc.

Quand Juan, ancien combattant sandiniste vous raconte la révolution et le modèle coopératif au Nicaragua, nulle doute que vous n’avez pas affaire à un chantre du libéralisme.

murales

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Quand la cosmovision maya au Guatemala vient réveiller votre curiosité pour les cultures ancestrales, vous vous sentez réellement très loin de New York et ses poncifs.

3. C’est tout petit, en 3 semaines c’est gérable ?

Les distances en Amérique centrale ne sont pas les mêmes qu’en Amérique du Sud, c’est indéniable. Pour autant, il serait dommage de considérer que quelques semaines suffisent à parcourir cette région.

Lors de notre voyage, le jeu du moment, pour certains, consistait à visiter un maximum de pays le plus rapidement possible. Visiter un pays se résumait d’ailleurs parfois en la découverte unique de sa capitale ou d’un lieu en particulier.

Cette tendance me laisse penser que les voyageurs sous estiment les potentialités de chacun de ces pays. Si vous avez peu de temps, nous ne pouvons que vous conseiller de vous limiter à un ou deux pays (limitrophes) plutôt que de vouloir tout sillonner et perdre votre temps dans les transports et le passage de frontières.

Nous avons passé 5 mois en Amérique centrale et franchement on aurait pu y passer le double sans s’ennuyer.

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Pour en savoir plus :

Note de Fabrice : tout à fait d’accord ! En 2011, j’avais voyagé 3 mois, du Nicaragua au Yucatan. 

4. Pour la nature, il n’y a que le Costa Rica ?

Le Costa Rica est sans conteste le plus pays le plus connu de la région et notamment pour son développement en faveur de l’écotourisme. Ses parcs permettent en effet d’observer facilement une faune abondante. Mais la biodiversité ne s’arrête pas à la frontière costaricaine.

Les environs de Tikal au Guatemala vous permettront d’observer certains animaux emblématiques de l’Amérique centrale comme des toucans, des coatis, des agoutis et des singes.

clichés amérique centrale

clichés amérique centrale

Si vous aimé le snorkeling, les eaux turquoises de Caye Caulker et la richesse des îles du Honduras vous réservent des rencontres inoubliables avec des lamantins, requins, raies et murènes. Vous pourrez aussi participer à la libération de tortues marines au Nicaragua qui abritent différents spots de ponte de la tortue Carey qui fait l’objet de projets de conservation.

Enfin,le Panama, véritable corridor écologique pour les oiseaux vous en mettra plein la vue à Pipeline Road où on a recensé pas moins de 500 espèces d’oiseaux en une matinée !

Autant de lieux (et ce n’est pas exhaustif) où vous pourrez admirer la nature dans tous ses états et peut être de manière moins artificielle que certains parcs très fréquentés du Costa Rica.

5. Et les ruines Incas, on les trouvent où ?

Malgré les ambitions expansionnistes des Incas, ces derniers ne sont jamais arrivés jusqu’en Amérique centrale. Mais rassurez-vous, il existe tout de même des sites archéologiques d’importance. La civilisation concernée est juste différente, il s’agit des Mayas.

Voici par pays, les principaux sites archéologiques :

Au Guatemala, il y a bien sûr l’extraordinaire site de Tikal qui n’a d’ailleurs rien à envier à son rival.

tikal-voyage

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Chitchen Itza au Mexique. Au-delà de la beauté des bâtiments restaurés, il est fascinant de voir tout l’étendu de la cité qu’il resterait encore à déterrer et qui aujourd’hui est recouverte par une nature luxuriante que l’on peut admirer. Le département du Péten contient aussi de nombreux autres sites secondaires.

Les autres pays recèlent aussi des sites historiques d’importance. Au Honduras, on peut citerles ruines de Copán et la Statue du singe hurleur de Coman, au Belize il y a les ruines de Lamanai et de San Ignacio. Enfin au Salvador, le site de Tazumal.

sanignacio

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6. Il existe vraiment des différences culturelles entre les pays ?

Un très grand oui pour répondre à cette question. Même si la superficie de cette région n’est pas importante, chacun des pays qui la compose conserve une culture singulière, une histoire et des ambiances uniques.

Même lorsque l’on prend des pays voisins (Bélize-Guatémala ou Nicaragua-Costa Rica), on est étonné des différences d’ambiance.

D’un côté, le Belize anglophone baigne dans un métissage culturel influencé par les caraïbes où cohabitent à la fois de fortes communautés mennonites et les garifunas venus d’Afrique ayant évité de justesse l’esclavage.

De l’autre, le Guatemala où on recense pas moins de 21 dialectes mayas et où il est possible d’admirer des danses indigènes aux costumes insolites lors des différentes fêtes populaires.

guatemala

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Au Nicaragua, vous serez baigné par la trace qu’à laissé le sandinisme dans les esprits et dans l’importance donné au collectif et à la vie communautaire.

Alors qu’au Costa Rica, vous serez surpris aussi par des choix audacieux de société qui misent sur l’environnement et la paix (ce pays est le seul à ne pas avoir d’armée).

voyage amérique centrale

voyage amérique centrale

Au sein même d’un pays, les histoires et les cultures se croisent. Par exemple, au Panama s’entrelacent encore aujourd’hui le vécu de populations indiennes à celle des travailleurs européens venus construire le canal de panama au 19ème siècle.

7. On écoute de la salsa partout non ?

La salsa est la musique emblématique de Cuba mais détrompez vous elle n’est pas si répandu que ça en Amérique centrale.

Elle doit se partager avec ses rivales que sont le reggaeton, la cumbia, le merengue, la trova. Mais ces musiques modernes côtoient aussi tout un ensemble de musique traditionnelle et folklorique dont l’instrument emblématique est bien souvent le marimba (sorte de xylophone) qui donne à la musique de cette région une signature particulière.

Nous avons par exemple eu la chance de tomber sur un concert de musique garifuna sur une plage d’hopkins au Belize.

Le mélange des tambours d’Afrique, des maracas, de la conque marine diffusaient des rythmes facilitant un corps à corps endiablés. Tandis qu’au Guatemala, le marimba invitaient les danseurs à exécuter la danse « de los venados » parés de costumes colorés aux masques d’animaux.

guatemala

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Enfin, un père et sa fille dans la réserve de Miraflores au Nicaragua nous ont fait une superbe démonstration à capella de chanson nicaraguayenne.

Nous aurions pu évoqué d’autres clichés mais le mieux est sans nulle doute que vous alliez vous faire votre propre idée par vous même. Ne reste plus qu’à choisir un des pays de cette jolie région ou la sillonner toute entière.

portraitseblaura

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Laura et Sebastien, alias les globeblogueurs, compagnons dans la vie comme en voyage vous embarquent dans leurs découvertes naturelles et culturelles à travers le monde et particulièrement en Amérique centrale et du Sud. Des carnets de voyage truffés de bons plans le tout saupoudré d’une pointe d’humour.

Ici: Retrouvez leur blog et leur page Facebook. 

Merci à eux pour cet article.

Il est vrai que je retrouve certains de ces clichés quand je discute de l’Amérique Centrale autour de moi. Ce qui revient surtout, c’est la question de l’insécurité (qui est une réalité) et le fait que visiter ces pays demandent peu de temps. Beaucoup de voyageurs font zappent ces régions ou alors, ils passent très vite. C’est dommage. 

Mes trois mois à travers l’Amérique Centrale restent pour moi un de mes plus beaux voyages. 

Et vous, connaissez-vous cette région ? Avez-vous, ou aviez-vous ces clichés en tête ? 

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