Voyager sur le transsibérien : conseils pratiques pour ne pas dérailler !

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Julien, fondateur du site travel VOX est parti de Moscou pour rallier Pékin à bord du mythique Transsibérien. Un voyage de 4 semaines en tout ! Et bien sûr, une belle expérience qu’il va nous raconter ! Avec en prime ses conseils !

Bonjour Julien, alors racontes-nous un peu ce voyage : quand, comment, combien de temps etc !

Moscou a été la première étape de mon voyage autour du monde de 10 mois en 2010. Au delà de l’expérience en elle-même, j’ai voulu emprunter le transsibérien pour ne pas être « parachuté » directement en Asie et voir les paysages, les cultures, les visages évoluer au fur et à mesure de mon voyage vers l’Est. En tout, ce voyage a duré près de 4 semaines de Moscou à Pékin, en s’arrêtant à trois reprises : à Irkoutsk en Sibérie (non loin des rives du mythique lac Baïkal) à Oulan Oude à la frontière Russie / Mongolie et à Oulan Bator (où je suis resté plus de 2 semaines).

Les rives du Baïkal

Parle-nous tout d’abord des billets. Combien cela coûte et comment les acheter ?

Il est possible de réserver ses billets depuis la France en agence ou sur Internet mais, bien sûr ce n’est pas le même prix. Au delà du prix, mon objectif était de « vivre » le transsibérien, dans la classe la plus populaire, qui n’est pas toujours proposée par les agences (la 3ème classe, compte plus de 50 lits, alors que les secondes ne comptent que 4 lits). J’ai acheté mes billets à Moscou même, à la gare Iaroslavsky, comme on pourrait acheter un Lyon-Paris, en me présentant directement au guichet ! Sauf que je m’embarquais pour un voyage de 4,5 jours et 4 nuits direction Irkoutsk.

Bien sûr c’est un peu complexe : se faire comprendre en Russie par des agents de la fonction publique n’est pas toujours chose aisée (c’est même souvent impossible, car ils ne parlent souvent que le russe et ne pas très souvent loquaces). J’ai donc demandé à mon auberge de me préparer un petit papier écrit en russe avec le nom de la gare de départ, de la gare d’arrivée, ma date de départ souhaitée ainsi que la classe (platskartny pour la 3ème classe).

Le trajet Moscou – Irkoutsk m’a coûté environ 70 euros… pour faire près de 4000 km en 4,5 jours ! Les cartes bancaires ne sont pas toujours acceptées, pensez à retirer assez de liquide avant de vous rendre à la gare (le billet pour aller de Moscou à Irkoutsk coute entre 3500 et 4000 roiubles) ! J’ai réitéré cette technique à chaque tronçon du voyage.

Comme se déroule le trajet, y-a-t-il beaucoup d’étapes ? Et question sommeil et nourriture ?

Plusieurs trajets sont possibles depuis Moscou : historiquement, le transsibérien se rend à Vladivostok. Pour aller à Pékin, deux options s’offrent au voyageur : le transmandchourien et le transmongolien (via la Mandchourie, au Nord Est de la Chine et via la Mongolie). Il y a beaucoup de gares sur chaque tronçon et les possibilités d’arrêt sont nombreuses.

L’arrivée dans les villes de Sibérie ne donne par forcément envie, mais de nombreux voyageurs que j’ai pu croiser un peu plus tard dans mon voyage m’ont donné des retours plutôt positifs de ces villes du fin fond de la Russie (Omsk, Novossibirsk, Krasnoïarsk) et que l’atmosphère y était assez particulière, sans qu’il y ait non plus des choses incroyables à visiter. Mais tu le sais bien, le voyage c’est aussi les rencontres, et les Russes dans ces villes sont très accueillants et très curieux de voir arriver des voyageurs étrangers dans leur ville.

Question sommeil, en 3ème classe, les conditions sont assez spartiates : une cinquantaine de couchettes sont réparties dans un wagon, dans des petits compartiments de 4 ou 2 personnes. Je conseillerais vraiment de prendre une couchette dans un compartiment de 2, idéalement en hauteur (pour pouvoir dormir plus longtemps ou à n’importe quel moment sans avoir à déranger les autres passagers) et au milieu du wagon (pour éviter d’entendre les portes du wagon s’ouvrir et se refermer et éviter les odeurs… des toilettes !).

Question nourriture, il est vivement conseillé de faire ses courses à Moscou pour prévoir ses repas : c’est beaucoup moins cher que sur le quai lors des longs arrêts du train (qui servent plus faire l’appoint au cas où, ou pour goûter une spécialité locale comme le poisson fumé vers Irkoutsk). Il faut prévoir des soupes lyophilisées, du thé/café : une bombonne d’eau bouillante est mis gratuitement à disposition des voyageurs. Et bien sûr quelques bières pour prendre l’apéro avec les Russes et offrir quelques verres aux passagers que vous rencontrerez ne seront pas de trop !

Peut-on s’arrêter à une étape et reprendre le train avec le même billet ?

Non, il est nécessaire de prendre un billet pour chaque tronçon. Ce qui peut parfois être compliqué en voulant réserver au dernier moment : mieux vaut être souple dans son planning et son itinéraire, quitte à attendre le prochain train pour sa destination.

Et pour les boissons ? Mis à part la vodka bien sûr :-).

La Vodka et l’alcool semblent faire partie intégrante du voyage pour de nombreux russes pour faire passer le temps ! Bien que théoriquement interdit, certains Russes en consomment vraiment des quantités très importantes à n’importe quelle heure de la journée. J’ai même assisté à l’expulsion de mon voisin qui planquait ses bouteilles de Vodka sous son matelas !

As-tu rencontré beaucoup de voyageurs sur la ligne ?

Dans le train, non. A chaque j’étais le seul « non russe » dans mon wagon. Après, le lieu qui rassemble le plus de voyageurs reste l’île d’Olkhon sur le lac Baïkal. C’est un repaire de tourdumondistes ! Mais bon, ce n’est pas non plus Pukhet… Il n’y a qu’une auberge sur cette île (par ailleurs très sympathique : Nikita’s Homestead) et quelques pensions familiales. Oulan Bator résunit aussi beaucoup de voyageurs qui s’apprêtent à aller découvrir les steppes mongoles ou le désert de Gobi.

Comment est l’ambiance dans le train ? Les Russes sont-ils facile d’accès ?

De prime abord, les Russes sont assez froids. Et il y a aussi et surtout la barrière de la langue. Je vous conseille vivement de prendre un petit dictionnaire de conversation, ainsi que quelques photos de votre ville, de vos amis/famille, etc. pour pouvoir amorcer le dialogue. Une fois ce premier contact établi, les Russes sont très sympathiques et surtout très conviviaux : ils vous proposeront à de nombreuses reprises de partager un verre ou une partie de leur repas.

Mais le sentiment principal que les russes expriment en vous voyant est la curiosité : la question « mais pourquoi voyagez vous pour le plaisir dans le transsibérien aussi longtemps » ? Il faut savoir que pour de nombreux russes, c’est le moyen le plus économique pour se rendre dans certaines régions reculées du pays. On ressent vraiment que le transsibérien a un rôle encore très important pour de nombreux russes.

Pas trop long ce voyage ? J’imagine qu’il vaut mieux avoir quelques livres non ?

Une des composantes essentielles de ce voyage est évidemment le temps… Rester et dormir dans un wagon plus de 4 jours (voire 7 jours si on fait le trajet directement de Moscou à Pékin) est une expérience unique. Le temps semble se figer, on change plusieurs fois de fuseau horaire par jour, les repas se prennent à n’importe quel moment de la journée, la nuit, le jour. On est complètement déboussolé. Le plus troublant est peut être l’affichage de l’heure dans les gares le long du trajet… qui reste systématiquement à l’heure de Moscou ! D’ailleurs il faut faire très attention en prenant ses billets et prendre en compte le décalage horaire ainsi que l’heure de Moscou.

Alors oui, au-delà des rencontres que l’on peut faire dans le train, mieux vaut prévoir de la lecture. Je vous conseille d’ailleurs Le Canapé Rouge de Michèle Lesbre, que j’ai pu lire pendant le trajet. Ce livre décrit parfaitement l’ambiance du transsibérien : les gens au pyjama et en pantoufle, les repas, la bombonne d’eau chaude pour préparer sa soupe, les pauses dans les gares, le lac Baïkal, etc.

Pas de problèmes de sécurité ?

A part un voisin un peu turbulent à cause de l’ébriété, à qui j’ai du faire comprendre plusieurs fois de se tenir tranquille (il devenait quelque peu agressif et regardait bizarrement mes affaires), je n’ai eu aucun problème de sécurité. J’avais pris les précautions élémentaires lorsqu’on voyage de nuit : je gardais sur moi 24/24 tous les papiers importants (passeports, billets, carte bancaire, liquide) dans une petite housse planquée dans mon pantalon, et j’ai attaché mon gros sac à dos avec un petit cadenas à la rambarde du casier à bagage, tout en le fermant à clé également.

Allez, donnes-nous 3 anecdotes 🙂

1. Me faire engueuler par les passagers parce que je marchais pieds nus dans les allées du wagon : quasiment tous les passagers emmènent leurs pantoufles !

2. Se baigner dans le Baïkal fin octobre dans une eau à 5°C (c’est censé porter bonheur toute la vie !)

3. Parler près de deux heures de Napoléon et de sa défaite en Russie avec un passager Russe passablement éméché …

Quels conseils donnerais-tu à celui qui voudrait faire de même ?

Je conseille vraiment de prendre son temps et d’organiser soi-même le voyage sur place, c’est une expérience en soi ! Il est bien entendu conseillé de faire ce voyage hors saison pour des raisons pratiques (en été les trains sont pris d’assaut par les voyageurs étrangers et il est beaucoup plus difficile de réserver au dernier moment). Je leur conseillerai également de passer beaucoup de temps autour du lac Baïkal, un des endroits les plus magiques que j’ai eu l’occasion de voir lors de mon tour du monde.

Quelle est l’actu de travel VOX ?

Depuis son lancement, travel VOX a sorti une vingtaine de guides de voyage basés sur des expériences de voyageurs indépendants. Près d’une dizaine sont dans les cartons et devraient sortir avant mi-juillet : Surinam, Laos, Italie, Nouvelle-Zélande, Maroc, etc. Les reporters sont très investis ! Mais surtout, le site propose désormais à tous les voyageurs de partager leurs expériences de voyage en publiant des articles en direct sur le blog (parmi plus de 15 thématiques).

Travel VOX propose aux meilleurs contributeurs d’être rémunéré jusqu’à 50 euros par article, de remporter des tirages photos grand format de leurs photos de voyage et d’être publié dans un magazine de voyage numérique qui sortira fin juin, baptisé We Travel ! Alors j’invite bien entendu tous les lecteurs à devenir reporter en proposant un article ou un guide de voyage basé sur leur expérience ! Et bien sûr, toi aussi Fabrice, tu es le bienvenue si tu souhaites partager et faire découvrir certains articles d’Instinct Voyageur !

Un dernier mot ?

Merci à toi Fabrice de m’avoir donné la parole et l’occasion de partager cette expérience de voyage, bonne continuation avec ton blog (je suis un fidèle lecteur) et j’espère qu’on aura l’occasion de collaborer de nouveau dans le futur !

Transsibérien pratique

Si vous êtes un peu perdu au moment de préparer votre voyage en Transsibérien, c’est normal !

Voici les étapes clés à ne pas manquer :

  • Eviter la pleine saison (de mai à août) : il y a beaucoup plus de monde et les billets sont plus chers, ainsi que les hébergements pendant les étapes.
  • Préparer son itinéraire : choisir le trajet principal et les villes étapes avec le temps de séjour dans chacune. Le Transsibérien relie Moscou à Vladivostok, il est aussi possible de bifurquer vers Pékin via la Mongolie (Transmongol) ou la Mandchourie (Transmandchourien).
  • Obtenir ses visas : vous pouvez les demander directement depuis la France (si vous avez un plan de voyage précis). Attention : depuis le 1er janvier 2016, la Mongolie a rétabli l’obligation d’un visa pour les séjours de moins de 30 jours. Pour la Russieet la Chine, il vous faudra fournir soit une réservation d’hôtel, soit une invitation d’un résident. Renseignez-vous bien sur les conditions en vigueur en amont (validité du passeport, assurance, etc).
  • Hébergement pendant les étapes : le plus économique reste le couchsurfing (qui vous permettra également d’obtenir votre invitation pour le visa) ; dans les grandes villes étapes, vous trouverez bien sûr hôtels ou auberges assez modestes.
  • A garder en tête : les horaires sont indiqués à l’heure de Moscou ! Pensez à tenir en compte du décalage horaire pour préparer vos étapes.
  • A emmener : de la nourriture et des boissons (il n’est pas toujours possible d’en acheter quand les étapes sont courtes) – certains billets incluent des repas dans le train ; un dictionnaire de cyrillique (papier si vous craignez la panne de batterie – les prises de courant sont facilement prises d’assaut dans le train) ; tasse et vaisselle pour les repas ou les encas ; sandales ou chaussons pour vous déplacer dans le train sans avoir à remettre vos chaussures.

Acheter son billet pour le Transsibérien

  • Important : il n’est pas possible d’acheter un billet du trajet principal et de faire des étapes. Il vous faudra donc acheter successivement les billets correspondant à toutes vos étapes.
  • Les agences de voyage ne vendent quasiment jamais de billets de troisième classe, la plus économique et celle où vous voyagerez réellement avec des Russes. Il vous faudra donc les acheter directement dans les gares, soit au fur et à mesure, soit à Moscou avec votre itinéraire précis – pensez si vous ne parlez pas russe à vous faire inscrire sur un papier tous les billets dont vous avez besoin.
  • Le site http://realrussia.co.uk/trains?refp=108 vous permet de faire des simulations de vos trajets. Attention, si vous achetez vos billets via ce site, il vous en coûtera environ 20% plus cher que leur prix en gare. A utiliser pour préparer le trajet si vous avez un budget serré.

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